Transition écologique de la fonction publique : une prise de conscience, mais un manque d’actions

Publié aujourd'hui à 15h40 - par

Chaque année depuis 2022, l’association Une fonction publique pour la transition écologique mène une enquête afin d’évaluer la progression de la prise en compte de la transition écologique dans les trois versants de la fonction publique. L’enquête 2025, publiée le 26 mai 2026, constate un engagement croissant des agents, mais un manque de « conditions concrètes d’action ».

Transition écologique de la fonction publique : une prise de conscience, mais un manque d'actions
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Créée en 2021, l’association Une fonction publique pour la transition écologique (FPTE) fédère des agents et membres d’établissements publics souhaitant accélérer la prise en compte de la transition écologique dans leurs administrations. Pour cela, elle crée des outils (kit d’autoformation, guide à l’usage des ressources humaines), joue le rôle de think tank et communique sur le sujet… Et elle mène aussi une enquête annuelle autour de la transition écologique dans l’administration depuis 2022.

Publiée le 26 mai 2026, l’édition 2025 se base sur 390 réponses délivrées en ligne entre septembre 2025 et février 2026. Parmi les répondants, on trouve une majorité de femmes, ainsi qu’une majorité de 36-55 ans et de catégories A ou A+. Enfin, une quasi-totalité des répondants est issue des fonctions publiques d’État (FPE) ou territoriale (FPT) : la FPH est donc peu représentée. Diffusée principalement dans le réseau de l’association – donc auprès d’agents déjà engagés sur la question –, l’enquête n’a donc pas vocation à être représentative, mais « permet […] de documenter, dans la durée, les perceptions, attentes et difficultés d’agents déjà sensibles ou exposés aux enjeux de transition écologique, et d’identifier des signaux récurrents sur les conditions concrètes de passage à l’action », note le communiqué de presse.

Le constat : la formation et la prise de conscience progressent…

L’enquête note d’abord que la formation des répondants sur le sujet continue de progresser – en particulier chez les catégories A et A+. Ils sont aussi nombreux à être engagés à titre personnel, notamment les catégories C.

Du côté de leur administration, les répondants constatent une progression de la prise de conscience de la transition écologique depuis 2022. Cette perception se base sur différents indices : la nomination d’une personne référente sur le sujet, l’adoption d’un plan de transition écologique ou de mobilité, l’organisation de formations, ou d’autres mesures internes comme la mise en place de réseaux, des réflexions au sein des services, etc.

… mais les actions manquent !

Néanmoins, bien qu’en progression, la prise de conscience des administrations reste partielle, puisqu’elle « dépasse à peine les 50 % en 2025 », précise l’enquête. Et sur le terrain, les agents considèrent que le sujet reste à la traîne : « Concernant l’évolution de l’action de leur administration, les agents sont de moins en moins positifs, 46 % en moyenne sur trois ans (2022-2024) considérant qu’elle s’est améliorée, et seulement 36 % en 2025. Le contraste entre la prise de conscience évoquée plus haut et le passage à l’action est frappant », constate l’enquête. Les répondants attribuent cette difficulté à passer à l’action à plusieurs raisons : manque de motivations des élus ou de moyens RH (manque de personnel et de temps), sujet jugé secondaire, raisons financières (baisse du fonds Vert)… Et l’étude note aussi que « l’instabilité politique sur le sujet revient […] à plusieurs reprises et a sûrement redoublé le constat dominant d’un manque d’impulsion hiérarchique ou politique ».

Les agents détaillent aussi les difficultés rencontrées lors de projets sur le sujet : désaccords entre élus, défaut de dialogue ou de préparation, blocages dans le fonctionnement même de l’administration, injonctions contradictoires, etc. « Il ressort de ces témoignages que la transition écologique est empêchée par des contraintes très concrètes, plus que contestée pour elle-même », stipule l’enquête, alors même que les leviers de réussite des projets sont identifiés.

Enfin, si la plupart de ces constats sont dans la continuité des années précédentes, l’enquête de cette année fait apparaître une nouveauté : l’expression d’un certain découragement et de problématiques de santé mentale. Certains agents évoquent ainsi leur éco-anxiété, un sentiment d’impuissance, un sentiment de mal-être ou des conflits de valeurs face à certaines politiques à mettre en œuvre.

Un besoin d’impulsion, et de « conditions concrètes d’actions »

Pour accélérer sur le sujet, les agents estiment d’abord que « la volonté des élus et de la ligne managériale est incontournable ». Ils pointent aussi le besoin de formations, des élus comme des agents, avec une attente particulière sur les catégorie B et C… Et voient quatre urgences prioritaires : adaptation au changement climatique, économie d’énergie et de ressources, formations des agents, actions en faveur de la biodiversité. Ils émettent diverses propositions de « changements organisationnels et de gouvernance », et expriment « une attente de stabilité dans les mesures et de cohérence dans les décisions ». Et ils souhaitent que l’implication sur la question soit reconnue et valorisée au niveau professionnel.

« Les agents publics ne manquent ni d’engagement ni de solutions. Ce qui fait défaut, ce sont des conditions concrètes d’action : règles adaptées, arbitrages clairs, temps de travail, pilotage cohérent. Tant que ces éléments ne sont pas traités, les initiatives resteront limitées et ne changeront pas les pratiques à grande échelle. », conclut l’enquête.

Julie Desbiolles


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