Enquête Pisa : face aux résultats préoccupants de la France, Édouard Geffray cible le collège

Publié le 9 septembre 2026 à 16h25 - par

Les résultats des élèves français à l’enquête internationale Pisa de 2025 sont les plus bas jamais mesurés, mais restent dans la moyenne des pays de l’OCDE. Un constat « préoccupant » selon le ministre de l’Éducation nationale, qui estime que le collège doit être le « grand chantier » du prochain quinquennat.

Enquête Pisa : face aux résultats préoccupants de la France, Édouard Geffray cible le collège
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« La France est toujours dans la moyenne des pays de l’OCDE » en mathématiques, compréhension de l’écrit et sciences mais « les scores sont de plus en plus bas », a souligné le spécialiste de l’éducation au sein de l’organisation, Éric Charbonnier, à l’occasion de la publication de l’étude Pisa (Programme international pour le suivi des acquis) mardi 8 septembre 2026.

Par rapport à la dernière édition, en 2022, les résultats en sciences sont stables (- 4 points), ont baissé en compréhension de l’écrit de 18 points, et en maths de 16 points. L’Organisation de coopération et de développement économiques considère que 20 points représentent environ une année de scolarité.

« C’est préoccupant mais ce n’est, hélas, pas une surprise », a déclaré au journal Le Monde le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray.

Alors que l’éducation est l’un des thèmes de la campagne présidentielle en cette rentrée scolaire, ces résultats ont suscité de nombreuses réactions des candidats. Marine Le Pen (RN) déplore « une triple défaite » pour l’école, l’économie et « les gouvernants » du pays, quand le patron du PS Olivier Faure, l’un des prétendants à gauche, voit dans ces résultats « un signal d’alarme » mais aussi une raison pour « investir dans l’école » car « il n’y a aucune fatalité ».

L’étude Pisa sonde depuis 2000 les performances des systèmes éducatifs, à travers les compétences des élèves de 15 ans. Les exercices ont été soumis en mai et novembre 2025 à 7 920 élèves français, entrés pour la plupart en CP en 2015 et 6e en 2020.

Depuis 2015, l’écart de performance entre les élèves les plus favorisés sur le plan socio-économique et les plus défavorisés s’est réduit, à cause d’une baisse des résultats des élèves favorisés.

« Notre système éducatif a vraisemblablement des difficultés qui se sont généralisées parmi les élèves favorisés » a pointé M. Charbonnier. En dix ans, le pourcentage d’élèves très performants a été divisé par deux en mathématiques et en compréhension de l’écrit.

Autre source d’inquiétude : un tiers des élèves français ont de grandes difficultés pour la compréhension écrite.

Objectif 2033

Comment expliquer cette nouvelle baisse ? Selon l’OCDE, il ne faut pas forcément regarder l’investissement public. « La France a une dépense d’éducation assez forte par rapport aux performances obtenues », pointe M. Charbonnier, qui recommande « surtout » de « bien investir l’argent ».

La chute des performances n’est « pas due à l’immigration » non plus, l’écart de performance entre les adolescents « issus de l’immigration » et les « non-immigrés » étant stable depuis 2015.

L’OCDE s’alarme en revanche du soutien parental qui s’affaiblit, et de la baisse de la compréhension de l’écrit chez les garçons des milieux les plus favorisés, une nouveauté.

L’OCDE considère par ailleurs qu’il est difficile de mesurer les effets des réformes à cause de leur nombre et de leur « va-et-vient ».

Pour Édouard Geffray, la responsabilité est à chercher en partie du côté des réseaux sociaux, « arme de destruction intellectuelle massive », mais aussi de « la diminution de l’investissement des parents dans la scolarité ».

Chaque famille recevra après les vacances de la Toussaint un document détaillant les apprentissages de l’année scolaire, un moyen de « dire aux parents que, dans la manière dont ils posent des questions à leur enfant, dans le fait de savoir ce qu’il va apprendre pendant l’année, il y a un levier énorme ».

Selon lui, « on aurait dû s’interroger plus tôt sur les mesures à prendre pour le collège », qui devra « être le grand chantier du prochain quinquennat afin de permettre aux enseignants de mettre en œuvre les pratiques pédagogiques les plus efficaces ».

Il souhaite « augmenter de 50 %, d’ici cinq ans, les heures d’autonomie accordées aux collèges », notamment « pour renforcer le soutien aux élèves en difficulté » et « diversifier l’offre ». « Si nous arrivons à mener à la fois le chantier de la pédagogie et celui de l’autonomie des établissements, on pourrait en 2033 revenir dans la tête du classement », a-t-il avancé.

L’enquête Pisa

Les exercices ont été soumis en à 760 000 jeunes de 91 pays et territoires, échantillon représentant 33 millions d’élèves de 15 ans. Il s’agit d’un échantillon tiré au sort mais parmi des établissements privés et publics, de manière à obtenir un échantillon représentatif. En France, 7 920 élèves dans 335 établissements y ont participé.

La plupart des élèves sont scolarisés en seconde (64,9 % en générale et technologique, 19,7 % en seconde professionnelle) ou en première année de CAP (3,5 %), les autres sont en avance, en première générale et technologique (2,7 %) ou en retard, en troisième (8,8 %), ou encore en quatrième (0,2 %).

Les trois domaines évalués sont la compréhension de l’écrit, la culture mathématique et la culture scientifique. À chaque édition, un de ces trois domaines, dit « dominante », est plus amplement développé. C’est la culture scientifique pour l’édition 2025, que l’on peut comparer aux résultats de 2006 et 2015. Les élèves doivent aussi remplir un questionnaire sur leur environnement familial, socioculturel et scolaire.

L’accent est mis sur la littératie, c’est-à-dire « la capacité des élèves à utiliser leurs connaissances dans des situations de la vie quotidienne, et à analyser, raisonner et communiquer de manière efficace. »

Les questions sont sous forme de questions fermées, QCM et vrai/faux, mais aussi ouvertes à réponse courte et construite. L’évaluation se fait sur ordinateur depuis 2015.

Les épreuves durent environ 3 heures, dont 2 heures pour le test et 40 minutes pour le questionnaire de contexte.

Les chefs d’établissement ont de leur côté rempli un questionnaire sur la gestion, l’organisation et l’environnement d’apprentissage dans leur établissement.

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