Tout savoir sur les finances des collectivités de Nouvelle-Aquitaine sur la période 2021-2025

Publié aujourd'hui à 14h50 - par

Recettes, charges, capacité d’autofinancement, endettement… La chambre régionale des comptes de Nouvelle-Aquitaine publie un premier baromètre des finances locales, qui sera actualisé chaque année.

Tout savoir sur les finances des collectivités de Nouvelle-Aquitaine sur la période 2021-2025
© Par Leonid Andronov - stock.adobe.com

La chambre régionale des comptes de Nouvelle-Aquitaine a créé un baromètre des finances publiques locales, en lien avec la Cour des comptes, l’Insee et la direction régionale des finances publiques (DRFiP). Il offrira, chaque année, une photographie de la santé financière des communes, intercos et départements de la région. Ce panorama 2026 montre les points-clefs de la période 2021-2025.

La Nouvelle-Aquitaine compte 86,7 % de communes très rurales : 3 724 d’entre elles ont moins de 2 000 habitants et regroupent seulement un tiers de la population régionale. Tandis que près de la moitié de la population vit dans les 197 communes de plus de 5 000 habitants. Des communes globalement en bonne santé financière, grâce notamment aux dotations de l’État, et dont la capacité d’autofinancement est en hausse.

Grâce à la taxe foncière, les grandes communes ont davantage de ressources issues de la fiscalité. Ainsi, les ressources fiscales des communes de plus de 10 000 habitants sont environ le double de celles des communes de moins de 2 000 habitants (plus de 1 000 euros contre 500 euros). Quant aux dotations de l’État, notamment la dotation globale de fonctionnement (DGF), elles ont progressé de 8,8 % entre 2021 et 2025 pour atteindre 1,12 milliard d’euros en 2026. Ce sont les parts de péréquation qui ont le plus augmenté, au bénéfice notamment des communes de 2 000 à 19 999 habitants : dotation de solidarité rurale (DSR), + 37 % et dotation de solidarité urbaine (DSU), + 21 %.

Pression croissante sur les charges communales

Entre 2021 et 2025, l’inflation et la hausse de la masse salariale (+ 18,3 %) ont entraîné une pression croissante sur les charges, avec + 24,3 % sur les charges à caractère général. Les charges de personnel et les subventions que verse la commune sont proportionnelles à la taille de sa population, en raison des charges de centralité : les équipements et services des grandes communes (théâtre, piscine, marché…) sont utilisés aussi par la population des communes limitrophes. Et, dans les petites communes, certaines charges de fonctionnement sont incompressibles : entretien, chauffage de l’école, assurances…

Il faut noter que la capacité d’autofinancement (CAF) brute a progressé de 8 % et la CAF nette de 14 %, particulièrement entre 2021 et 2023. Mais le niveau d’autofinancement brut des communes de moins de 2 000 habitants a diminué, notamment en raison des charges de gestion.

Pendant le mandat, les communes ont emprunté pour financer les équipements

Tout au long du mandat électoral, les dépenses d’équipement ont augmenté, au total de 45 % (392 euros par habitant en moyenne en fin de mandat). Pour les financer, les communes ont davantage recouru à l’emprunt, en particulier en fin de période, pour compenser des recettes d’investissement en moindre progression : par rapport à 2021, + 60,7 % en 2025 et + 37 % en 2024. Elles disposent aussi de recettes d’investissement (+ 24,3 % entre 2021 et 2025) et de leur CAF nette (+ 13,8 %). Deux recettes d’investissement sont en hausse significative  : les subventions d’investissement reçues (+ 42 %) et le fonds de compensation de la taxe sur la valeur ajoutée – FCTVA (+ 34 %).

Avec 506 euros par habitant en 2025, l’encours de dette des communes est relativement stable. En règle générale, plus la commune est peuplée, plus elle est endettée. En moyenne, la capacité de désendettement des communes de Nouvelle-Aquitaine est de 4 ans sur l’ensemble des communes, contre 4,7 ans au niveau national.

La santé financière des plus petites communes se dégrade

Mais la santé financière des plus petites communes de Nouvelle-Aquitaine se dégrade : la CRC précise que le nombre de communes considérées à risque ou fragiles a augmenté de plus de 35 % entre 2018-2021 et 2022-2025. Six sur dix sont situées dans quatre départements : Gironde, Haute-Vienne, Landes et Lot-et-Garonne. Presque toutes (98 %) les communes qui présentaient une CAF nette négative en 2025 comptent moins de 3 500 habitants (95 % au niveau national). Par ailleurs, si presque une commune sur deux a une capacité de désendettement inférieure à 2 ans, la part de celles obtenant une valeur supérieure à 12 ans, ou négative, a augmenté pour les plus faibles (- de 3 500 habitants).

Les dépenses d’investissement des intercos varient selon le département où elles sont situées

Dans les intercos, entre 2022 et 2025, les produits (essentiellement la fiscalité) ont augmenté de 10,9 % tandis que les charges réelles de fonctionnement s’élevant à 3,2 milliards d’euros, se sont accrues davantage (+ 14,3 %), produisant un « effet ciseau » défavorable. Avec 1,5 milliard d’euros en 2025, les charges de personnel pèsent pour près de la moitié des charges réelles de fonctionnement. Quant à leur CAF brute, elle a diminué de 4,1 % entre 2022 et 2025.

Après une très légère baisse en 2025, les dépenses d’investissement ont augmenté globalement de 17,6 % de 2022 à 2025, avec un poids différent selon les douze départements : 66 euros par habitant pour les intercos de la Creuse et 397 euros pour celles de la Gironde.

Marie Gasnier


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