Dans dix ans, un service public innovant et des agents responsables

Administration

Après plusieurs mois de concertation, un rapport préconise de responsabiliser les agents publics, de passer à un management moins hiérarchique et d’évaluer davantage les politiques.

Une fois encore, l’État constate qu’il est impératif de simplifier pour éviter aux citoyens et agents publics des procédures trop complexes et mieux prendre en compte la satisfaction des usagers. Dans un rapport* remis au secrétaire d’État à la Réforme de l’État, France Stratégie (organisme de réflexion, d’expertise et de concertation placé auprès du Premier ministre) étudie à quoi devrait ressembler l’action publique d’ici dix ans et propose diverses pistes pour la rendre plus fluide.

Cinq objectifs d’efficacité sont ainsi évoqués : répondre à l’évolution permanente des besoins, expliciter les priorités et leur allouer les moyens nécessaires, moderniser le pays, rendre des comptes aux usagers et impliquer les agents.

Car les critiques sont vives : multiplicité des agents et des actions, importance des dépenses publiques au regard des résultats, dans un environnement économique et social qui évolue d’autant plus rapidement que le numérique se développe. « Si rien ne se passe, le risque est grand d’avoir à moyen terme un État impotent, dépassé », constate ainsi Jean Pisani-Ferry, président de France Stratégie.

Le rapport préconise de définir précisément la mission de chaque instance et de s’assurer que chacune rend comptes des tâches qui lui sont confiées. Non seulement, cela permettrait d’améliorer l’action publique, mais aussi d’informer les citoyens de la façon sont prises les décisions qui affectent leurs vies, et à quel niveau.

Il conviendrait de mieux responsabiliser les gestionnaires publics (formation au management, exemplarité des hauts fonctionnaires…) mais aussi de mieux distinguer la responsabilité entre la conception et la mise en œuvre des politiques publiques.

Les projets de réforme devraient faire l’objet d’une évaluation indépendante préalable. Des outils permettant d’évaluer au fur et à mesure chaque nouvelle politique engagée devraient être adoptés : objectifs et procédures de mesure des bénéfices sociaux. De même, il faudrait vérifier que les expérimentations sont suivies et évaluées, mais aussi publiées et diffusées.

Pour attirer les meilleurs agents, au service de l’intérêt général, l’État doit moderniser et diversifier ses modes de recrutement, offrir de meilleures perspectives de carrières, en adoptant un management plus horizontal, en valorisant davantage les initiatives et en reconnaissant mieux les compétences de chacun.

Enfin, « l’État doit encore faire sa révolution numérique » en fonction des attentes qu’il fait naître à l’égard de tous les services, précise Jean Pisani-Ferry.

 

Marie Gasnier

 

* Source : « Quelle action publique pour demain ? 5 objectifs, 5 leviers », France Stratégie, avril 2015

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