Édouard Philippe, sans Nicolas Hulot, annonce des mesures pour rénover les réseaux d’eau

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C’est sans Nicolas Hulot, son désormais ex-ministre de la Transition écologique et solidaire, que le Premier ministre Édouard Philippe était mercredi 29 août dans les Hautes-Alpes pour annoncer des mesures censées aider les collectivités à rénover leurs réseaux d’eaux.

Dans son discours, Édouard Philippe n’a pas évoqué le départ de Nicolas Hulot la veille, mais a défendu l’action environnementale de son gouvernement. « Nous avons fait des choix qui sont parfois des choix difficiles, qui sont parfois des choix contestés (…) mais que nous assumons totalement », a-t-il déclaré.

« Ce ne sera jamais assez rapide, (…) mais ça ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire, mais en expliquant les choix que nous faisons, en fixant des objectifs qui sont parfois ambitieux, en prenant en compte le réel car nous n’avons pas d’autre choix », a-t-il ajouté.

Parmi les élus et personnalités qui l’accompagnaient, figuraient notamment le secrétaire d’État Sébastien Lecornu, et la députée Barbara Pompili, dont les noms circulent, avec d’autres, pour succéder à Nicolas Hulot.

En ce qui concerne le financement de la rénovation des réseaux d’eau, le gouvernement va augmenter de 50 % – soit 2 milliards d’euros sur 5 ans – et mieux cibler les aides existantes vers les territoires ruraux qui n’ont pas les moyens suffisants pour assumer les travaux nécessaires, du fait de leur faible population et de réseaux plus étendus.

« Un litre sur cinq serait irrémédiablement perdu » dans les réseaux français, a rappelé M. Philippe, pointant du doigt un « gaspillage », lié à un « sous-investissement » chronique.

Dans cette optique, les six Agences de l’eau, sorte de gouvernement de la gestion de l’eau des territoires, verront leur rôle renforcé dans l’attribution des aides, « qui ne seront plus automatiques ».

Les conditions d’emprunts des collectivités seront améliorées avec des prêts plus longs, tandis que la Caisse des Dépôts engagera 2 milliards d’euros sur cinq ans. Les collectivités qui investiront dans leurs réseaux pourront aussi bénéficier de subventions, avec 1,5 milliard d’euros mobilisés entre 2019 et 2024.

Et alors que la moitié des services d’eau ne publient pas les résultats de la gestion de leurs services d’eau, cela deviendra désormais obligatoire.

Le renforcement des investissements dans les réseaux pourrait toutefois renchérir le prix de l’eau pour les consommateurs, qui alimentent le budget des Agences de l’eau via une redevance payée sur leur facture.

Le Premier ministre veut donc accélérer la généralisation d’une tarification sociale, et les collectivités volontaires pourront expérimenter un chèque-eau pour les ménages précaires, à l’image de ce qui existe dans l’énergie.

Ces annonces viennent clore la première phase des Assises de l’eau, chantier lancé par Emmanuel Macron en novembre au Congrès des maires.

En revanche, deux demandes des élus n’ont pas été reprises par Édouard Philippe : une baisse de la TVA sur l’assainissement et l’abandon d’un prélèvement de Bercy sur le budget des Agences de l’eau si leurs recettes dépassent un certain seuil.

Une deuxième phase de ces Assises de l’eau, consacrée à la préservation de la ressource en eau, doit commencer. Une mission parlementaire va notamment se pencher sur la préservation des zones humides, sources de biodiversité.

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