Impacts économiques du Covid-19 : l’AdCF prône une relance en deux temps

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Pour l’Assemblée des communautés de France (AdCF), la remise en état de l’économie passe, à la fois, par des actions préalables de soutien de l’économie et de reprise, et par des plans de relance territoriaux dans le cadre des grandes programmations pluriannuelles.

La crise du coronavirus engendre des impacts économiques sans précédent dont l’intensité sera différente selon les territoires et les secteurs d’activités. En effet, même si tous souffriront dans certains domaines (bâtiment, travaux publics, activités hôtelières, culturelles ou événementielles…), ils n’ont pas la même dépendance économique à ces secteurs. En outre, le poids dans l’économie locale des administrations publiques, des structures hospitalières, des filières agro-alimentaires ou de quelques secteurs tertiaires marchands qui ont pu maintenir leur activité n’est pas le même. Certains territoires ruraux, par exemple, sont plutôt moins affectés grâce au maintien de l’activité agricole et agro-alimentaire. Les mesures exceptionnelles de soutien (État, régions, intercommunalités, Bpifrance, Banque des territoires…) contribuent à amortir les chocs et à maintenir le tissu économique, mais elles ne pourront pas se renouveler à l’infini, constate l’Assemblée des communautés de France (AdCF) dans une note d’analyse sur la relance dans les territoires à la sortie du confinement. C’est pourquoi il convient de distinguer une phase préalable de reprise de l’activité, visant à réorganiser les entreprises, des plans de relance de l’économie à plus long terme. « Des plans de relance territoriaux sont à réfléchir pour des contractualisations en fin d’année, avec les futurs exécutifs locaux, dans le cadre des grandes programmations pluriannuelles. Cette perspective n’exclut pas des premières actions à plus brève échéance pour la phase de soutien de l’économie et de reprise », précise ainsi l’association d’élus.

Construction, activités agricoles, industrielles et de services (grandes entreprises délégataires, ingénierie, architectes, professions juridiques, entreprises de matériaux, constructeurs d’engins de chantier…) ou encore filières agro-alimentaires : nombreux sont les secteurs où la commande publique pourra entraîner les activités économiques. Elle pourra également être un « accélérateur puissant de transformation sociale et territoriale, en amplifiant les mutations vers un modèle bas carbone, sobre en ressources, plus résilient au regard des défis du XXIe siècle ». Ainsi, les potentiels des territoires pourraient être recensés en fonction des savoir-faire, compétences et spécialisations de leurs bassins d’emploi.

L’AdCF imagine ainsi qu’un Grenelle de la commande publique, « piloté par le ministère de la Cohésion des territoires, en lien étroit avec les ministères de l’Écologie et de l’Économie, serait opportun pour bâtir ce volet territorial d’un plan de relance de l’économie ». Il pourrait intervenir en préparation des grandes programmations pluriannuelles 2021-2026 : programmes opérationnels européens, contrats État-région… Des programmations qui « gagneront également à s’appuyer » sur les dispositifs récents : Cœurs de villes, Territoires d’industrie, contrats de transition écologique (CTE), nouveaux contrats locaux de santé portant (plan Ma santé 2022), efficacité énergétique (Sare), rénovation urbaine…

La relance de l’économie doit aussi passer par la relocalisation des industries, en créant notamment de nouvelles unités de production, plus petites et plus flexibles et en amplifiant les innovations : procédés industriels moins consommateurs de ressources et moins émissifs, optimisation des flux de matière, montée en puissance de l’économie circulaire, accentuation des normes de réemploi et de recyclage. Le numérique, mis en avant par la crise sanitaire, permettra lui aussi de repenser l’industrie.

Marie Gasnier

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