La ville d’Annecy en passe de doubler de taille

Administration

La ville d’Annecy devrait doubler de taille l’an prochain pour atteindre 122 000 habitants, au terme d’une fusion avec cinq communes avoisinantes qui constituera, si elle est votée lundi soir, la plus importante réalisée jusqu’alors en France.

Les conseils municipaux d’Annecy, Annecy-le-Vieux, Cran-Gevrier, Meythet, Pringy et Seynod se prononceront simultanément, à 19h00, sur ce projet de regroupement né à la fin 2015, après un premier échec de fusion à treize communes.

Cette fois-ci devrait être la bonne, une majorité des conseils municipaux concernés étant favorables à l’union, selon des maires interrogés par l’AFP.

La population de la préfecture de la Haute-Savoie passera ainsi de 54 000 à 122 000 habitants, soit la plus grosse fusion à ce jour en nombre d’habitants, devant l’agglomération de Cherbourg (82 000 habitants) réunie début 2016.

En nombre de communes, c’est Livarot-Pays-d’Auge (Calvados) qui tient la corde avec 22 communes fusionnées en janvier, selon l’Association des Maires de France.

Question de fric

À Annecy, la fusion a notamment été motivée par la volonté de conserver « un bon niveau de services publics sans augmenter la pression fiscale », explique Jean-Luc Rigaut, maire (UDI) de la commune.

Avec la baisse des dotations de l’État, les communes sont en effet obligées de couper dans leur budget ou d’augmenter les impôts. En permettant aux collectivités de mutualiser certains services (ressources humaines, finances, informatique, etc.), la fusion est vue comme une source d’économies budgétaires.

Elle devrait aussi permettre aux six mairies de moins contribuer au fonds de péréquation des ressources intercommunales et communales, une économie de plusieurs millions d’euros par an.

« Sans ces questions de fric, personne n’irait très volontiers dans ces fusions de communes », reconnaît un maire.

L’opération pourrait d’ailleurs servir d’exemple, selon Bernard Accoyer, député-maire (LR) d’Annecy-le-Vieux. « C’est une solution qui sera imitée dans l’avenir car la baisse des dotations de l’État va se poursuivre », juge l’ancien président de l’Assemblée nationale.

Annecy ou Annecy-le-Grand ?

L’union devrait également permettre à la ville lacustre de peser davantage dans la région élargie Auvergne Rhône-Alpes, promettent les élus. Le mariage est d’autant plus remarquable qu’il se fait entre des municipalités de tendances politiques différentes : LR, UDI, PS, divers gauche ou sans étiquette.

« L’intérêt des habitants est plus important que notre propre identité politique », souligne Jean Boutry, maire PS de Cran-Gevrier. « La population nous suit car ça suscite pas mal de sympathie de voir que des élus sont capables de s’effacer », ajoute-t-il.

Les 202 conseillers municipaux des six communes seront en effet réduits à 59 lors des prochaines élections municipales de 2020. Des mairies déléguées subsisteront cependant pour maintenir un lien de proximité avec les habitants au sein d’une commune à la superficie quadruplée selon des chiffres de l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques).

Les élus se sont aussi entendus sur une harmonisation progressive de la fiscalité sur douze ans. Et l’actuel maire d’Annecy est pressenti pour prendre la tête de la commune nouvelle.

Mais des questions restent en suspens, comme l’équipement de la police municipale, armée à Annecy-le-Vieux et Seynod, désarmée ailleurs. « Dans la période actuelle, il est difficile de désarmer qui que ce soit », estime M. Accoyer.

Reste également à décider du nom de la nouvelle commune : dans une consultation des habitants, « Annecy » est arrivé en tête avec 41,9 % des suffrages, devant « Annecy-le-Grand » (22,6 %).

 

Copyright © AFP : « Tous droits de reproduction et de représentation réservés ». © Agence France-Presse 2016

Posté le par

Recommander cet article

Réagissez à cet article sur le forum