Le taux de chômage aurait baissé dans les régions fusionnées, selon l’Institut des politiques publiques

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L’Institut des politiques publiques a comparé les évolutions du bien-être déclaré par les habitants des différentes régions. Son analyse suggère que la fusion n’a pas eu d’impact négatif et que l’absorption a eu un impact positif à court terme. L’emploi s’est amélioré dans toutes les régions concernées.

Des régions plus agréables à vivre, où il est plus facile de trouver un emploi… : une note de l’Institut des politiques publiques (PSE/GENES) tend à démontrer que la fusion des régions aurait eu un impact plutôt positif sur les habitants. Rappelons que, depuis le 1er janvier 2016, après redécoupage par la loi NOTRe du 16 janvier 2015, les régions ne sont plus 22 mais 13. Ces nouvelles régions (« absorbantes » sur un plan administratif ou économique) sont généralement considérées comme trop vastes et donc peu satisfaisantes pour ceux qui y vivent. Or, l’étude suggère aussi que, loin d’avoir eu des conséquences négatives sur le bien-être subjectif des habitants des régions fusionnées, l’absorption l’aurait plutôt augmenté à court terme. Ce sentiment semble prédominant pour une population a priori plus mobile sur le marché du travail : célibataires, ouvriers, titulaires d’un diplôme professionnel ou technique.

L’Institut des politiques publiques a également décelé une amélioration de la situation de l’emploi dans ces vastes régions. Plusieurs analyses convergentes, menées à différentes échelles (nouvelles régions, anciennes régions, départements, zones d’emploi), « permettent d’estimer » que le taux de chômage a davantage diminué après la fusion dans les régions ayant participé au redécoupage : moins 2 % environ, soit une diminution de 0,2 point. Une baisse qui s’observe principalement dans les régions absorbées, et est plus prononcée chez les femmes (celles de moins de 50 ans en particulier). Elle atteint même 3,8 % chez les moins de 24 ans.

« Les effets obtenus sont particulièrement prononcés pour une population plus mobile sur le marché du travail. Au niveau macroéconomique, le taux de chômage a davantage diminué dans les régions ayant fusionné. Ces éléments suggèrent que l’effet taille des nouvelles régions a pu favoriser un certain dynamisme économique ayant plus que compensé un éventuel sentiment d’appartenance régionale », constate ainsi Lionel Wilner, auteur de l’étude. De quoi réjouir Régions de France, d’autant qu’une autre étude, publiée par l’Institut Montaigne, montre que les régions, dont la force réside dans la capacité à repenser les rapports entre politique et société, peuvent être des leviers pour la transformation publique dont la France a besoin. « Avec un nouveau mandat jusqu’en 2027, les régions ont un rôle majeur à jouer face à la crise de confiance qui touche l’action publique et menace l’ensemble de nos institutions. Elles peuvent contribuer à construire un nouveau lien entre politique et société, en concevant des politiques publiques de manière ouverte et collaborative », précise ainsi Nicolas Bauquet, directeur de la recherche et de la transformation publique de l’Institut Montaigne. Dans un communiqué, Régions de France déclare se féliciter « que des études sérieuses et indépendantes démontrent que les régions ont su tirer le meilleur parti d’une réforme au bien-fondé initial très discutable ».

Toutefois, l’Institut des politiques publiques le rappelle, le redécoupage régional n’est pas générateur d’une meilleure efficience des deniers publics et les dépenses ont augmenté plus vite dans les régions fusionnées que dans les autres. En cause : la réorganisation partielle des services, le maintien des anciennes structures administratives, ou encore l’harmonisation par le haut des dispositifs d’intervention publique et des rémunérations des agents des collectivités concernées.

Marie Gasnier

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