Les Français sont satisfaits des services publics locaux, selon une étude de l’AATF

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Le troisième baromètre Ipsos de l’Association des administrateurs territoriaux de France montre une bonne image des services publics locaux chez les citoyens. Des services pour lesquels les Français privilégient le recours à l’impôt de préférence à la facturation. Certains pourraient être développés, en zone rurale notamment.

Les Français sont plutôt satisfaits des services publics locaux, et font davantage confiance (81 %) aux collectivités locales qu’à l’État pour les organiser sur leur lieu de résidence, selon la troisième édition du baromètre « Les Français et le service public local », réalisé par Ipsos pour l’Association des administrateurs territoriaux de France (AATF). L’étude présente le regard croisé des Français et des fonctionnaires territoriaux, à la fois sur la gestion des collectivités et sur les réformes en cours. Au total, seuls 23 % des usagers, qu’ils soient agents territoriaux ou non, se déclarent mécontents des services locaux. Mais les uns comme les autres considèrent tout de même que la qualité se dégrade : c’est le cas d’un fonctionnaire territorial sur deux et de plus de quatre Français sur dix.

De l’avis de 66 % des fonctionnaires territoriaux aussi bien que de 51 % du reste de la population, maintenir le niveau de prestations actuel nécessitera d’augmenter les dépenses des collectivités. Par exemple, pour les pompiers (58 % du grand public, 63 % des agents), les dispositifs d’économie d’énergie et de transition énergétique (58 %), les crèches et l’accueil de la petite enfance (52 %, 63 %), ainsi que la construction et l’entretien des établissements scolaires (49 %, 53 %). Le financement de ces politiques devrait provenir en majorité des impôts locaux, aussi bien d’après le grand public (62 %) que selon les fonctionnaires territoriaux (60 %), plutôt que d’une facturation des services aux usagers.

Certaines politiques publiques pourraient être développées : par exemple, renforcer le service public local en zone rurale (89 % du grand public, 89 % des agents), organiser l’installation de médecins en zone à faible densité médicale (88 %, 92 %), contrôler l’utilisation de l’argent public par des audits citoyens (87 % du grand public). Les Français sont aussi très globalement favorables (86 %) à ce que les collectivités puissent adapter certaines réglementations nationales à leur contexte local.

Les fonctionnaires territoriaux bénéficient d’une bonne image auprès de 69 % des Français, contrairement aux fonctionnaires d’État (56 % de mauvaise opinion). Quant aux élus, 77 % des citoyens se déclarent favorables au renforcement de leur protection face aux menaces et aux incivilités ; 56 % se prononcent pour une amélioration de leur rémunération tout en diminuant leur nombre, 52 % pour la réduction de leur risque pénal et 47 % souhaitent qu’ils bénéficient d’une meilleure préparation de leur reconversion professionnelle.

L’AATF précise qu’une tendance au scepticisme ambiant des fonctionnaires territoriaux dans la relation à l’État (contraintes financières subies par les collectivités, incertitudes sur l’avenir liées au projet de loi fonction publique), déjà perceptible lors du précédent baromètre s’accentue en 2019. Ils seraient aussi, en majorité, favorables à un régime de retraite unique entre les secteurs public et privé : à 57 % soit une progression de 10 % en trois ans. Selon l’AATF, un régime universel ne serait en effet pas systématiquement défavorable aux agents publics, « compte tenu de l’intégration des primes dans l’assiette de calcul des pensions et à la condition d’une prise en compte renforcée de la pénibilité des métiers ». Ce qui ne signifie pas, pour autant, qu’ils approuvent les autres volets de la réforme globale des retraites, ajoute l’association.

Marie Gasnier

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