En responsabilisant les enfants qui déjeunent à la cantine, Puteaux réduit le gaspillage alimentaire

Développement durable

À Puteaux, les 2 500 demi-pensionnaires décident, avant chaque déjeuner, quelle sera la taille de leur plateau-repas. Le programme « Appétit de moineau, faim de loup » leur apprend à limiter les déchets alimentaires et les éduque à l’alimentation et au goût.

Éviter le gaspillage alimentaire, lutter contre le surpoids, améliorer la qualité des repas, apprendre à découvrir de nouvelles saveurs… Le dispositif « Appétit de moineau, faim de loup », initié en 2018 dans les sept restaurants scolaires en régie directe de Puteaux (Hauts-de-Seine, 44 941 habitants), est innovant à bien des égards. Avant de déjeuner, l’enfant choisit l’un des deux badges correspondant à son appétit du jour, figurant un poussin ou un loup à table. Après lui avoir demandé les raisons de son choix, le cuisinier lui sert un plat plus ou moins copieux. S’il a encore faim, il peut bien sûr se resservir – c’est le cas de 51 % des élèves -. Plutôt que la quantité, c’est désormais la qualité nutritionnelle qui est favorisée grâce à l’économie réalisée en limitant les déchets : les cantines servent maintenant 30 % de produits bio et 40 % proviennent de circuits courts. Tous sont exclusivement français et souvent labellisés (label rouge, Pêche durable…). Dans un premier temps, la commune souhaitait quantifier le gaspillage alimentaire et en comprendre les raisons. Elle s’est aperçue, par exemple, que de nombreux petits croquaient une fois dans une pomme puis la jetaient. Désormais, les fruits sont servis en petite quantité, coupés en morceaux. Dans la cour, un vélo permet, en pédalant, de fabriquer des smoothies à base de restes de fruits.

Au-delà de la lutte contre les déchets, cette initiative contribue à éduquer les enfants à mieux se nourrir et les incite à sensibiliser leurs parents, d’autant que le dispositif s’inscrit dans un contexte d’accompagnement. Des animateurs viennent dans les écoles expliquer pourquoi lutter contre la production de déchets et avoir une alimentation saine, et leur projettent un petit film ; au quotidien, les Atsem leur montrent comment faire. Des jardins pédagogiques installés dans les écoles leur apprennent aussi comment on cultive des légumes. Les enquêtes de satisfaction montrent que les petits apprécient davantage leurs repas qu’avant.

Alors que la moyenne nationale s’élève à 134 grammes de déchets par plateau, les cantines de Puteaux ne produisent maintenant que 115 grammes. L’an dernier, les cantines scolaires de la ville ont ainsi pu revaloriser 5,4 tonnes de déchets, la plupart étant renvoyés chez le producteur pour lombricompostage.

Une nutritionniste du centre Dolto accompagne le projet qui vise aussi à lutter contre le surpoids sans pour autant culpabiliser les enfants. Par ailleurs, un concours mensuel d’émulation est organisé entre écoles, La Fourchette d’or ; lorsque le poids de déchets est inférieur à celui des écoles voisines, un totem est installé à l’entrée du restaurant, à la grande fierté des enfants. Le 8 octobre, Puteaux a reçu le trophée or de la communication citoyenne et institutionnelle du 24e festival Fimbacte pour son projet, totalement réalisé en interne.

Martine Courgnaud – Del Ry

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