L’institution s’est lancée dans un exercice de prospective en dix thématiques concernant la France à l’horizon 2035 et 2050, dont le chapitre consacré à l’environnement a été présenté mercredi 2 septembre 2026 à la presse.
France 2050 : adapter nos infrastructures aux bouleversements climatiques
« La transition écologique n’est pas seulement un impératif climatique : elle constitue une condition de souveraineté, de protection et de cohésion nationales », souligne le rapport écrit par des experts et coordonné par Antoine Pellion, l’ex-Secrétaire général à la planification, un organisme de Matignon.
Comme l’ont montré les conséquences des vagues de chaleur estivale (décès supplémentaires, sécheresse historique, incendies …), « nos infrastructures, notre agriculture, notre organisation sociale ont été conçues pour un climat qui n’existe plus », rappellent les experts. « Et à l’horizon 2050, les bouleversements climatiques auront changé d’échelle » avec des impacts « systémiques, capables d’altérer les conditions ordinaires de la vie sociale, de l’activité économique et de l’action publique ». « Chaque territoire français sera soumis de manière critique à au moins un aléa climatique », indiquent les auteurs du rapport. Cela rend « nécessaire dès aujourd’hui une adaptation rapide », avec une politique de transition écologique qui ne peut se résumer « seulement à réduire les émissions » de gaz à effet de serre. Il faudra « changer de paradigme » et mettre en place un « contrat social de l’adaptation », jugent les experts.
Trois propositions clefs du HCSP
Pour cela, le HCSP formule trois propositions clefs, la première recommandant de « donner aux collectivités territoriales, et notamment au bloc communal, les moyens de réaliser leur transition ».
« Dès lors que la collectivité aurait produit un plan pluriannuel d’investissement (PPI) permettant une transition crédible, elle aurait accès à un endettement additionnel à bas taux pour ses infrastructures de transition, voire des ressources propres supplémentaires », expliquent les auteurs.
La deuxième proposition consiste à « prioriser la réduction des pollutions, pesticides compris », en particulier dans les endroits où elles se concentrent.
Enfin, le HCSP suggère d’« élargir rapidement la réassurance par l’État à l’ensemble des risques climatiques ».
Sur le plan du financement, le rapport indique qu’il ne pourra « pas reposer uniquement sur des ajustements fiscaux annuels », enflant « la dépense crise après crise » et « appauvrissant l’État et le contribuable » avec le risque d’accroître les inégalités.
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