Les conséquences d’une crue centennale en Île-de-France : quelques chiffres

Développement durable

Une crue du même type que celle de 1910 en Île-de-France affecterait directement « 435 000 logements » et 830 000 personnes, ainsi que 100 000 établissements et 750 000 emplois, pour un coût total estimé à environ 40 milliards d’euros, selon l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU).

Au total, « 435 000 logements seraient exposés à une telle crue, soit 830 000 personnes », relève l’IAU, qui a réalisé plusieurs études sur les conséquences d’une nouvelle crue centennale. Plus largement, « un tel événement aurait un impact considérable sur la vie sociale et économique, affectant, à des degrés divers, plus de 2,5 millions de personnes ».

Les logements concernés (8 % des logements d’Île-de-France) se situent essentiellement dans les lits majeurs de la Seine (81 %) et de la Marne (15 %). Le Val-de-Marne est le territoire le plus menacé, avec plus de 123 000 logements en zone inondable, suivi de Paris (107 700) et des Hauts-de-Seine (94 450).

En nombre d’habitants comme en proportion de leur population, le Val-de-Marne (251 900 habitants, 19,3 % de la population) et les Hauts-de-Seine (200 700 habitants, 13,1 %) apparaissent comme les départements qui seraient les plus touchés.

Près de la moitié des logements en zone inondable (48 %, 205 000) sont exposés à des niveaux d’aléas forts (hauteur de submersion entre 1 mètre et 2 mètres) à très forts (hauteur de submersion supérieure à 2 mètres). Là encore, le Val-de-Marne est considéré comme le territoire le plus sensible, avec près de 80 % des logements localisés dans ces zones d’aléas (95 700 logements), devant l’Essonne (50,7 % de logements exposés à ces niveaux d’aléas, 18 300 logements concernés).

En termes économiques, une telle crue coûterait entre 17 et 20 milliards d’euros pour les dommages directs, pour moitié imputés à l’habitat, et plus du double en tenant compte de la dégradation des réseaux et des pertes d’exploitation des entreprises.

L’IAU estime qu’elle impacterait quelque 100 000 établissements (grandes entreprises, PME, PMI, commerces ) et 750 000 emplois.

Face à une crue majeure, « les activités économiques sont très vulnérables », insiste l’Institut : endommagement ou paralysie de l’outil de production, inaccessibilité de l’entreprise, interruption d’approvisionnement. « Les dépendances multiples (énergie, systèmes de communication, transports, logistique ) constituent des facteurs de fragilité supplémentaires ».

Quelque 85 % des établissements exposés sont des petites entreprises (moins de 10 salariés), qui cumulent environ 100 000 emplois. Les établissements de plus de 100 salariés (1,7 % des établissements exposés) représentent 54,4 % des effectifs. Près de 160 établissements de plus de 500 salariés, totalisant 180 000 emplois, sont aussi concernés.

Parmi les plus grandes entreprises susceptibles de subir des aléas « forts à très forts », se trouvent le siège de la RATP, des dépôts SNCF, l’hôpital Georges-Pompidou, le ministère des Finances, la Caisse des dépôts et consignations mais aussi de grandes entreprises privées.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a officiellement lancé ce lundi un exercice d’une « ampleur exceptionnelle » qui, jusqu’au 18 mars, va simuler une crue majeure qui laissera l’Île-de-France sous les eaux. Le scénario prévoit une montée des eaux quotidienne de 50 cm. Ainsi 5,5 mètres seront relevés à Paris-Austerlitz le 7 mars, pour finir à plus de 8 mètres.

Durant ces quinze jours, plusieurs exercices simulant la montée des eaux, la stabilisation puis la décrue se feront sur table mais d’autres auront lieu en grandeur nature, sur le terrain.

L’opération se déroulera sur cinq départements franciliens avec 900 sauveteurs, 150 personnels des forces de police, 40 véhicules de sécurité civile dont 20 véhicules lourds, quatre hélicoptères. Quatre pays européens vont y participer : l’Italie, l’Espagne, la Belgique et la République Tchèque viendront sur place avec leurs propres moyens de secours.

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