Limiter les fuites dans les réseaux d’alimentation en eau potable

Développement durable

Les fuites sur les réseaux d’eau potable coûtent très cher. Un guide pratique aide les services de distribution à élaborer un plan d’action pour les réduire.

Lutter contre les fuites dans les réseaux de distribution d’eau potable (canalisations, branchements…) représente un enjeu considérable pour les territoires qui connaissent des problèmes de ressources : en effet, un quart de l’eau traitée, en moyenne, n’arrive pas jusque chez les usagers. C’est pourquoi la loi du 29 juin 2010, dite « Grenelle II », impose aux services publics de distribution d’eau d’établir un plan d’action de lutte contre les fuites, lorsque le taux de perte dépasse celui fixé par le décret du 27 janvier 2012.

Le Code général des collectivités territoriales (articles L. 2224-5 et D. 2224-1 à D. 2224-3) fixe la réglementation relative au rapport sur la qualité et le prix du service (RPQS), qui prévoit trois indicateurs annuels de performance permettant de mesurer les pertes du réseau d’eau.

Un guide, publié par l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema) et l’Institut de recherches en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea, ancien Cemagref), propose une quinzaine de fiches thématiques pour aider les services techniques à élaborer leur stratégie de lutte contre les fuites.

Cet ouvrage permet notamment de déterminer quels investissements effectuer, au regard de la charge financière souvent dissuasive qu’ils représentent, et des économies qu’ils permettent de réaliser (production et transport de l’eau). En effet, il existe un coût marginal minimum à partir duquel l’adoption d’une politique de recherche de fuites devient économiquement viable.
 

Quatre moyens d’action

Le guide fournit des notions de base et analyse les indicateurs utilisés en France et à l’étranger. Il propose de procéder à une analyse fine en divisant le réseau en secteurs, et en y affectant le nombre d’abonnés, grâce à une base de données géolocalisée (« BD_adresse® » de l’Institut géographique national ou « Gmap® »).

Trois types de fuites peuvent être à l’origine des pertes d’eau : les fuites diffuses, difficiles à localiser en raison de leur faible débit, les fuites détectables non visibles et celles qui sont visibles en surface. Selon la configuration du secteur, la nature, et l’ampleur des fuites, diverses solutions permettent de réduire les pertes sur le réseau d’eau potable : rapidité d’intervention, recherche active des fuites non visibles, contrôle de la pression (donc du débit des fuites) et « gestion patrimoniale » (qui consiste à réhabiliter ou à renouveler les canalisations ou branchements sujets à fuites fréquentes).

Le guide fait suite à une étude, réalisée sur le territoire du syndicat intercommunal d’alimentation en eau potable de Coulounieix-Razac (Dordogne) et sur le territoire du syndicat départemental d’eau et d’assainissement du Bas-Rhin.

Marie Gasnier

Texte de référence : « Réduction des fuites dans les réseaux d’alimentation en eau potable« , Onema, avril 2012

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