Logistique du dernier kilomètre : Nantes et Bayonne montrent l’exemple

Développement durable

Si les activités logistiques sont vitales pour le fonctionnement de la ville, elles riment le plus souvent avec congestion, bruit et pollution. Rencontre avec deux villes qui ont choisi une innovante gestion des livraisons, pour une meilleure qualité de vie.

Depuis le 1er juin 2019, à Nantes (44), les conditions de livraison dans le centre-ville ont évolué. Les véhicules à énergie alternative sont autorisés à livrer toute la journée, de 4 heures à 23 heures, tandis que les autres véhicules doivent avoir effectué leur tournée au plus tard à 11 heures. « L’idée n’est pas de cadenasser le centre-ville, mais de trouver des manières de mieux fonctionner en répondant aux objectifs de la transition énergétique et écologique », analyse Thomas Quéro, adjoint au maire en charge de la Logistique urbaine durable. Notre centre-ville piétonnier concentre beaucoup d’acteurs des villes et métropoles françaises, l’enjeu se résume en quelques mots : favoriser le développement de modes de livraison plus vertueux et moins impactants pour les populations en termes d’occupation de la voirie, de congestion, de pollution et de nuisances sonores. L’objectif étant que le centre-ville reste attractif et prenne en compte le bon fonctionnement des commerces et des restaurants.

En matière de logistique vertueuse, la réponse à Nantes est multiple. Lancé en septembre 2018 par la métropole nantaise et quatorze partenaires, pour faire émerger les bonnes pratiques pour la logistique urbaine de demain, l’appel à projets FLUX (Fabriquons la logistique urbaine ensemble) pourrait être la solution. Une action phare définie dans la feuille de route transition énergétique et dans le Plan de déplacements urbain de la métropole nantaise. « Les 17 projets sélectionnés proposent des solutions à destination de l’ensemble des parties prenantes, aussi bien les livreurs que les clients, pour répondre à  l’ensemble des questions de logistique, puis faire émerger des initiatives et pour donner l’opportunité de tester des modèles économiques différents », ajoute l’élu.

Les lauréats ont été retenus pour leurs projets ambitieux et innovants dans des thématiques aussi variées que la mutualisation d’espaces pour la livraison et pour le stockage, le développement de modèles logistiques favorisant le circuit court alimentaire, l’utilisation de véhicules à énergie alternative, la vélogistique ou encore le développement de la consigne sur le territoire. Tous ces projets ont vocation à être mis en œuvre et seront accompagnés par un soutien à l’ingénierie, un soutien foncier, de mise en réseau ou de conversion aux énergies alternatives. Car une chose est sûre, la logistique de demain sera avant tout durable.

Bayonne mise sur les livraisons décarbonnées

Pour Martine Bisauta, maire-adjointe de Bayonne (64), en charge du Développement durable et Stratégies urbaines, décarboner les livraisons en centre-ville est à la fois un enjeu environnemental et de santé publique qui a poussé les élus bayonnais à adopter de nouvelles règles pour la desserte des marchandises. Avec un objectif : trouver des solutions pour améliorer la qualité de l’air, diminuer la pollution des véhicules et limiter les nuisances sonores. Seuls les véhicules propres seront désormais autorisés à circuler en centre-ville toute la journée.

Dans un premier temps, le projet de création d’un espace logistique urbain (ELU) s’est concrétisé en fin d’année 2014 afin de permettre aux transporteurs « classiques » de s’approcher au plus près du cœur de ville sans y entrer. Puis un appel d’offres a été lancé pour la mise en place dans l’hypercentre d’un système propre de livraison du dernier kilomètre, remporté par la société Hemengo Erlea. Elle assure pour les commerçants qui le souhaitent les livraisons dans le centre-ville depuis près de cinq ans à l’aide d’une flotte de véhicules électriques dont deux vélos triporteurs. « L’hypercentre est piétonnier et fermé à la circulation. Les véhicules de livraison y sont autorisés à certaines heures seulement. Nous souhaitons privilégier les livraisons par triporteur ou camion électriques. Ce fut une décision difficile à imposer, comme toutes les nouvelles initiatives, mais maintenant cela fonctionne », affirme Martine Bisauta, qui souhaite poursuivre cette politique publique en faveur d’un meilleur cadre de vie. Si la ville de Bayonne songe à étendre le périmètre interdit aux véhicules de livraison, elle souhaite davantage encourager les transporteurs à utiliser des véhicules propres. Des aides à l’achat de véhicules électriques sont proposées, « mais ce qui bloque les transporteurs, aujourd’hui, c’est leur coût et leur manque d’autonomie », note l’adjointe au maire. Des réflexions sont actuellement menées par la municipalité sur la possibilité de produire du biogaz à partir de l’usine de retraitement des déchets. Ceci afin d’alimenter les véhicules.

Qu’est-ce que : la logistique urbaine durable ?

Il s’agit de toute solution qui facilite à la fois le stockage, la distribution, l’approvisionnement, la circulation et l’évacuation de marchandises dans la ville, et de manière plus écologique et respectueuse de la qualité de vie. En effet, les échanges de marchandises et les activités logistiques qui en découlent peuvent être responsables de nuisances (congestion, encombrement urbain, pollution atmosphérique et sonore…). L’optimisation du transport de marchandises en ville recèle un potentiel important de réduction des émissions de CO2, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Blandine Klaas

Source : RCL

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