Réchauffement climatique : le WWF France appelle à une transformation profonde des modes de vie urbains

Développement durable

Les mesures prise à l’échelon local pour lutter contre le réchauffement climatique ne permettront pas de limiter la hausse des températures à +2°C d’ici 2050, estiment le WWF France et ÉcoAct. D’après eux, les métropoles devront doubler, voire tripler, leurs objectifs déjà fixés à l’horizon 2030.

Les engagements des villes françaises ne suffisent pas pour contenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2°C, comme l’exige le plan Climat qui vise la neutralité carbone d’ici 2050, en lien avec l’accord de Paris – signé par 195 pays le 12 décembre 2015 -, selon une étude réalisée par le WWF France avec ÉcoAct. Or, ces collectivités représentent 80 % de la population et sont responsables de 67 % des émissions de gaz à effet de serre (Ges).

Sur la base de leurs engagements actuels, les métropoles ont près de quinze ans de retard pour atteindre la neutralité carbone en 2050, constate Pascal Canfin, directeur général du WWF. « En 2036, elles auront consommé l’intégralité de leur budget carbone correspondant à un objectif mondial de réchauffement climatique de 2°C ». Pour y parvenir, les dix plus grandes métropoles*, qui abritent un habitant sur cinq et produisent 16 % des Ges, devront donc accélérer leurs efforts. Soit, en moyenne, plus que doubler les objectifs qu’elles s’étaient déjà fixés pour 2030. Et engager pour cela des actions plus ambitieuses en matière de transport, logement et alimentation, principaux émetteurs de Ges. Le WWF estime que des solutions peuvent être adoptées à court terme : développer les énergies renouvelables, les nouvelles mobilités et les zones à faibles émissions, amplifier la rénovation du parc bâti, favoriser l’évolution des pratiques agricoles et alimentaires ou encore développer l’économie circulaire… En outre, territoires urbains et ruraux auraient avantage à compenser leurs émissions.

Le WWF propose une méthodologie en trois étapes : définir des budgets carbone mondiaux compatibles avec les objectifs 1,5°C et 2°C, les décliner à l’échelle nationale, puis à l’échelle territoriale. Ces budgets doivent ensuite être traduits en trajectoires indicatives (mais pas uniques) de réduction des émissions de Ges des métropoles, considérées selon une empreinte globale : émissions directes sur le territoire, d’origine énergétique ou non ; émissions indirectes liées à la production d’électricité, de chaleur et de vapeur, générées en dehors du territoire en lien avec les activités et personnes présentes sur le territoire ; autres émissions générées en dehors du territoire, en lien avec les activités et personnes qui y sont implantées (fabrication des intrants, traitement des déchets et fret associé).

Cette méthode se base sur la définition d’un « budget carbone » : volume maximal de Ges qui peut encore être émis, en fonction d’une échelle déterminée, pour atteindre une concentration maximale dans l’atmosphère, sur une période donnée, sans risquer de dépasser une hausse probable de la température trop élevée à l’échelle de la planète. Le WWF décrit, pour chaque métropole, les scénarios en 2020, 2030 et 2050.

Trois outils innovants pourraient financer la transition énergétique et écologique des territoires. Le tiers financement, dans lequel une société tierce finance une rénovation énergétique de bâtiment (conception des travaux, réalisation, montage financier). Une fois les travaux réalisés, le client verse à la société de tiers financement (STF) un loyer, dont le montant est inférieur ou égal aux économies d’énergie entraînées. Dès la fin du contrat, ces économies sont au bénéfice du client ; il n’y a plus de décalage entre l’investissement initial et le retour sur investissement, qui peut s’étaler sur plusieurs décennies. L’amélioration de la performance énergétique du bâtiment est garantie contractuellement. Deux autres mécanismes sont prônés par le WWF : le financement participatif ou crowdfunding et les fonds d’investissement.

L’étude montre que la transition écologique offre aussi l’opportunité d’améliorer la qualité de l’air et la qualité de vie, créer des emplois, préserver la biodiversité et garantir une meilleure attractivité économique du territoire.

Marie Gasnier

*Métropole du Grand Paris, métropole Aix Marseille Provence, métropole de Lyon, métropole Européenne de Lille, Bordeaux Métropole, Toulouse Métropole, Nantes Métropole, métropole Nice Côte d’Azur, Eurométropole de Strasbourg et métropole Rouen Normandie.

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