Rénover l’éclairage public avec des LED

Développement durable

L’éclairage des voies de circulation répond à des exigences de sécurité. Remplacer les ampoules par des lampes LED doit respecter certains critères de performance pointés par l’Agence française de l’éclairage.

L’éclairage des voies relève des pouvoirs de police du maire. C’est lui qui définit les lieux qu’il convient d’éclairer « selon les usages et les règles de l’art », ceux qui ne nécessitent pas de lumière artificielle, ou encore ceux où la lumière peut être modulée. Progressivement, jusqu’en 2017, il lui appartient de remplacer les anciennes ampoules par du matériel moins énergivore.

Aujourd’hui, seulement 15 % de l’éclairage public utilise des ampoules LED. Lorsqu’il s’agit de rénover les installations, « remplacer les sources d’énergie dans les luminaires existants est incompatible avec les performances attendues et l’amortissement de la dépense engagée », a précisé l’Agence française de l’éclairage (AFE) le 14 décembre 2015*. Cela peut même conduire à un risque très important quand il faut assurer la sécurité des déplacements, qu’ils soient motorisés, piétons ou encore cyclables (« éclairage fonctionnel »), ce qui implique de voir et d’être vu. Placé de façon uniforme le long des axes de circulation, l’éclairage doit alors offrir des performances normalisées : intensité lumineuse, répartition de la lumière, absence d’éblouissement et limitation des nuisances lumineuses.

Ces performances sont assurées par l’ensemble source-luminaire. C’est pourquoi il est difficilement imaginable de substituer efficacement un module LED diffusant, de dimensions très importantes, dans un système optique existant qui a été conçu pour un type et une puissance de lampe particuliers. Cela ne peut être envisagé que pour les luminaires qui n’ont pas de performances photométriques à assurer : boule, luminaire « de style » sans optique, diffuseur opale… Ces candélabres d’ambiance sont en voie de disparition – ils éblouissent et conduisent à perdre du flux énergétique. Mais si la commune souhaite les rénover en utilisant des lampes LED « de substitution » ou « de conversion », elle doit exiger des garanties de la part des fabricants, fourniture de documents techniques contractuels et exigences techniques notamment.

 

Marie Gasnier

 

* Source : Rénovation de l’éclairage public. Cas particulier : le remplacement des sources lampes par des sources LED dans des luminaires existants, Le « Point de vue de l’AFE », 14 décembre 2015

 

Le parc vieillit, et occasionne de 30 à 40 % de pertes d’énergie.

Entre 2012 et 2017, près de 80 % des lampes d’éclairage public auraient dû être remplacées pour répondre à la réglementation européenne, selon l’Association française de l’éclairage (AFE). La France compte 9,5 millions de points d’éclairage public, placés sur des luminaires dont le quart a plus de 25 ans. Les installations non conformes rejettent quatre millions de tonnes de C02, et au rythme de actuel, trente ans seront nécessaires pour renouveler le parc.

Les LED, aujourd’hui matures pour l’éclairage public, sont aussi moins chères (entre 600 et 1 200 euros). Sous certaines conditions, elles permettent non seulement de réduire la consommation électrique (de 1,5 à 5 fois moins), mais aussi d’optimiser les coûts d’exploitation. Il faut toutefois prendre en compte le coût global comprenant achat, consommation et maintenance.

Posté le par Marie Gasnier

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