Crise à l'Opéra de Saint-Étienne: la mairie détaille les "dysfonctionnements"

Droits et obligations

La mairie de Saint-Étienne a détaillé mercredi 21 mai les « dysfonctionnements » justifiant la tenue d’une enquête administrative sur l’Opéra Théâtre de la ville, à l’occasion de la présentation de sa saison 2014-2015.

« Deux dysfonctionnements lourds nous ont été signalés à notre arrivée », a expliqué à la presse l’adjoint au nouveau maire UMP chargé de la Culture, Marc Chassaubéné, après plus de deux semaines de crise à l’Opéra Théâtre. Ce sont ces griefs – et non la gestion financière décriée de l’institution – qui ont « motivé la suspension » fin avril de neuf cadres, dont quatre ont été réintégrés depuis, a assuré M. Chassaubéné.

L’élu a d’abord évoqué des problèmes de « ressources humaines » dénoncés « par plusieurs délégations syndicales et plusieurs pétitions », avec des « pressions de la direction » et des « tentatives de suicide au sein du personnel ». Il a également fait état de problèmes techniques – un dysfonctionnement dans la commande informatique des cintres – laissant craindre une « mise en danger du personnel » en cas d’accident.

Une expertise menée lundi et mardi a montré, selon ses conclusions provisoires, que « le matériel était défectueux mais ne faisait pas courir de danger de mort », le responsable technique ayant pris « des mesures adaptées », a-t-il précisé.

L’enquête devra aussi se pencher sur les difficultés financières de l’Opéra, qui a enregistré « un dépassement de budget d’environ un million d’euros » sur les trois derniers exercices, ainsi que sur « l’impréparation des saisons », faute de contrats signés en amont.

La crise à l’Opéra a culminé samedi avec la démission de l’un des cadres suspendus, Laurent Campellone, qui dirige l’orchestre symphonique depuis 2003.

La mairie n’a pas encore avalisé sa décision, voulant s’assurer auprès de son avocat qu’il a mûrement réfléchi et n’a pas agi « par désarroi », selon l’adjoint aux Ressources Humaines, Michel Béal.

Conséquence de la situation, Marc Chassaubéné a présenté lui-même la saison 2014-2015 marquée par cinq opéras – « Fortunio » d’André Messager, « Don Pasquale » de Gaetano Donizetti, « La Clémence de Titus » et « La Flûte Enchantée » de Mozart, et « Le Marchand de Venise » de Reynaldo Hahn.

La mairie s’est interdit de toucher à cette programmation, même si « certaines distributions risquent d’être modifiées », faute de contrats signés en amont avec les artistes, a averti l’adjoint à la Culture.

En revanche, la nouvelle municipalité « a choisi d’intervenir beaucoup sur 2015-2016 pour avoir une saison de grande qualité, et financièrement la plus raisonnable possible », a poursuivi M. Chassaubéné. Deux pistes d’économies sont à l’étude : des « prêts de productions proposées par d’autres opéras », et le recours à d’anciennes « productions maisons, dont on a déjà les droits, les décors et les costumes », a-t-il précisé.

 

Copyright © AFP : « Tous droits de reproduction et de représentation réservés ». © Agence France-Presse 2014

L'analyse des spécialistes

  • La reconnaissance des signes diacritiques dans les documents de l'état civil Administration

    La reconnaissance des signes diacritiques dans les documents de l’état civil

    29/10/18
    Intimement lié à la linguistique et obéissant aux règles grammaticales propres à chaque langue, l'usage du signe diacritique est devenu, entre les défenseurs du français et les tenants des langues régionales*, un sujet polémique qui a des implications jusque dans  l'établissement des actes de l'état civil.
  • Quelles sont les règles régissant les modalités d'affichage publicitaire sur les monuments historiques ? Urbanisme

    Quelles sont les règles régissant les modalités d’affichage publicitaire sur les monuments historiques ?

    05/09/18
    Les Journées du patrimoine, les 15 et 16 septembre prochains seront l'occasion de découvrir des monuments historiques méconnus ou habituellement fermés au public. Certains d'entre eux, en cours de restauration, ne seront pas ouverts au public, dissimulés derrière des échafaudages, voire de grandes bâches publicitaires qui ne font pas toujours l'unanimité. Il faut savoir que l'affichage publicitaire sur un monument historique est très encadré juridiquement ce qui n'empêche pas un recours accru à son utilisation révélant parfois certains abus.
  • Le régime des CCAS : qu'en est-il de l'extension des possibilités de délégation dans les CCAS ? Administration

    Le régime des CCAS : qu’en est-il de l’extension des possibilités de délégation dans les CCAS ?

    29/08/18
    Le centre communal d'action sociale, créé dans toute commune de 1 500 habitants ou plus, a pour mission d'animer une action générale de prévention et de développement social dans la commune, en liaison étroite avec les institutions publiques et privées, et de participer à l'instruction des demandes d'aide sociale.
  • Tous les articles juridiques