Directeurs d’école : l’Assemblée adopte en seconde lecture la proposition de loi Rilhac

Éducation

L’Assemblée nationale a adopté mercredi 29 septembre 2021, en seconde lecture, la proposition de loi Rilhac « créant la fonction de directeur d’école », vivement critiquée à gauche qui accuse exécutif et majorité de préparer une « dérive managériale » de l’éducation.

Critiqué par des syndicats du premier degré qui avaient appelé à un rassemblement à proximité du Palais Bourbon, le texte dont l’examen par le Parlement a pris du retard en raison de la crise du Covid-19, vise à offrir selon le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, « une juste reconnaissance du rôle essentiel » joué par les directeurs d’école dont chacun s’accorde à juger les nombreuses charges trop lourdes.

Portée par la députée LREM Cécile Rilhac, la proposition de loi avait été adoptée en première lecture à l’Assemblée en juin 2020 et au Sénat, en mars. Elle a été votée par 65 voix pour, 14 contre et deux abstentions.

Elle prévoit notamment que les directeurs et directrices d’école disposent d’un « emploi de direction » et bénéficient « d’une délégation de compétences de l’autorité académique » pour le bon fonctionnement de l’école

La majorité a choisi de ne pas toucher à une disposition introduite par le Sénat prévoyant le principe d’une « autorité fonctionnelle des directeurs d’école ».

Or cette question de l’autorité est à rebours des cultures professionnelles des enseignants du premier degré.

La gauche y voit le premier jalon d’une « autorité hiérarchique ». Cécile Rilhac vante les bienfaits de ce qu’elle présente comme une « délégation de compétences » qui permettra aux équipes pédagogiques davantage d’agilité dans leur quotidien et leurs projets.

Elsa Faucillon (PCF) a fustigé un premier pas vers « une forme d’autonomie libérale », elle-même prélude à « la concurrence entre établissements ». Les craintes de la gauche sont alimentées par les annonces d’Emmanuel Macron à Marseille qui, dans le cadre d’expérimentations ciblées, permettront au directeur de « choisir l’équipe pédagogique ».

« Le président de la République a fini par assumer vos intentions », a tancé Michel Larrive (LFI). En retour, la majorité a accusé l’opposition de gauche « de jouer sur les confusions et les peurs », selon Anne Brugnera (LREM). « Vous êtes conservateurs, nous sommes très progressistes », a lancé à la gauche, M. Blanquer.

LR a soutenu le texte comme l’UDI Béatrice Descamps qui s’est cependant inquiétée de la possibilité laissée aux communes « de donner des moyens supplémentaires aux directeurs d’école » avec le risque d’une rupture d’égalité entre territoires, notamment en milieu rural. La disposition avait été gommée au Sénat avant de revenir à l’Assemblée.

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