Le conseil général de Côte-d’Or s’oppose au redécoupage des cantons

Élus

Le conseil général de Côte-d’Or a voté lundi 6 janvier lors d’une session extraordinaire un avis défavorable au projet de décret du ministère de l’Intérieur portant sur le redécoupage des cantons en vue des élections en 2015.

La loi du 17 mai 2013 a réformé le mode de scrutin en vue des élections cantonales de mars 2015 en prévoyant l’élection dans chaque canton d’un binôme homme-femme, impliquant la division par deux du nombre de cantons afin de ne pas accroître le nombre de « conseillers départementaux », nouvelle appellation des conseillers généraux.

En Côte-d’Or, le projet de redécoupage des cantons prévoit de supprimer vingt des 43 cantons actuels et de porter le nombre d’élus de 43 à 46. « La suppression des cantons aura des conséquences lourdes sur la structuration des territoires avec la suppression des chef-lieux et sur les politiques publiques que nous conduisons sur le plan départemental », a dénoncé le président UDI du conseil général, François Sauvadet, fustigeant « une mise à mort politique des territoires ruraux ».

« Nous demandons au gouvernement de reprendre la concertation qui n’a pas eu lieu », a-t-il ajouté. « Si le gouvernement ne revoit pas sa copie, j’engagerai un recours devant le Conseil d’État », a prévenu M. Sauvadet. Les élus de l’assemblée départementale ont voté un avis défavorable au projet de redécoupage avec 24 voix pour, 12 contre, six abstentions et un refus de vote.

Au cours du débat qui a duré plus de quatre heures, le conseiller général PS Jean-Claude Robert a fait valoir qu' »aucun découpage n’est parfait compte tenu de la complexité des choses ». « La loi est votée, elle n’est pas parfaite mais elle met fin à la sous-représentation de certains territoires et des femmes », a-t-il également dit.

Élue PS dans un des cantons de Dijon, Céline Maglica a estimé que cette réforme donnerait naissance dans le département à « neuf cantons urbains, neufs cantons ruraux et cinq cantons mixtes ». « Les zones rurales seront autant représentées », en a-t-elle déduit. « C’est la fin de cette politique de notables, des baronnies. C’est le partage du pouvoir en deux, qui plus est avec une femme, qui vous fait peur aujourd’hui », a souligné Mme Maglica.
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