Les maires demandent à l’État à ne plus être considérés comme des « adversaires »

Élus

Le président de l’Association des Maires de France (AMF), François Baroin, a appelé mardi 24 novembre 2020 l’État à ne plus considérer les élus comme des « adversaires », déplorant la « dégradation » des finances des communes mises à mal par la crise sanitaire.

« Nous avons le sens des responsabilités, nous avons le sens de l’État et nous ne sommes pas des adversaires de l’État », a affirmé M. Baroin lors d’une conférence de presse organisée après l’annulation du traditionnel Congrès des maires de France qui devait se tenir ces jours-ci à Paris.

Il a plaidé pour une « autre coordination » entre le gouvernement et les maires, prônant « une réorganisation des pouvoirs publics », après une année où les tensions ont été fréquentes entre l’État et les collectivités, notamment dans la gestion de la crise sanitaire et sur le plan de relance.

Le président (LR) de l’AMF a ainsi demandé que les maires soient « au cœur d’un dispositif de protection de la population », rappelant leur rôle lors du confinement du printemps dans la distribution de masques et l’aide aux commerçants.

Même si le congrès n’a pas eu lieu, le maire de Troyes a tenu à organiser cette conférence de presse pour se faire entendre de l’État en l’alertant sur « la dégradation de la situation financière de nos collectivités ».

« Les dépenses ont été importantes pour colmater les brèches liées à la défaillance de l’État dans son organisation territoriale, singulièrement en termes de logistique », a-t-il affirmé.

M. Baroin a aussi rappelé que le confinement avait « bloqué des activités économiques » et provoqué des pertes de revenus pour les collectivités.

Présente à la conférence de presse, la maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo, a soutenu le message de l’AMF : « On ne peut pas nous demander de faire toujours plus avec toujours moins », a-t-elle prévenu.

Intervenant quelques heures avant l’allocution télévisée d’Emmanuel Macron, le président de l’AMF a réitéré son appel à une « correction » des mesures prises lors du reconfinement, notamment la fermeture des petits commerces, prônant en particulier la « territorialisation » des réouvertures.

Selon lui, les décisions de l’État « prises rapidement mettent en lumière des sentiments d’iniquité. C’est ce qui s’est passé de façon spectaculaire partout en France sur les commerces dits non essentiels », a-t-il souligné.

« Il faut corriger cela. C’est une question d’organisation qui met en lumière l’un des points faibles du dispositif de confinement : l’absence réelle d’une territorialisation des mesures prises par l’État », a-t-il expliqué.

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