L’absentéisme des agents pèse lourdement sur le budget des villes moyennes

Finances locales

Plus d’un agent sur dix a été absent pour raison de santé en 2015 dans les villes de 15 000 à 100 000 habitants. Des communes bien décidées à réagir : l’importance des enjeux financiers de la gestion des agents nécessite de resserrer la politique RH.

L’absentéisme des agents pèse lourdement sur le budget des villes moyennes

Source : étude Gestion des RH dans les Villes de France – Dépasser les rigidités, novembre 2016

L’absentéisme pour raison de santé est en hausse depuis plusieurs années dans les villes moyennes. C’est ce que révèle une étude, présentée le 8 novembre à Paris, menée pendant sept ans (2009-2015) par Villes de France, avec La Banque Postale et Sofaxis, auprès de 186 mairies dont l’effectif est compris entre deux cents et mille agents.

Une situation coûteuse source de désorganisation des services, mais qui peut aussi apparaître « comme une marge de manœuvre significative » pour les communes, désireuses de maîtriser leur budget. Il faut savoir que les collectivités emploient deux millions d’agents – la moitié dans les communes – et dépensent chaque année 64 milliards d’euros en frais de personnel. Tenter d’adapter et de maîtriser ces dépenses de fonctionnement, grâce à une gestion rigoureuse et dynamique des ressources humaines, constitue un enjeu majeur du mandat qui devra se poursuivre, explique ainsi Villes de France, qui regroupe plus de 600 villes de 15 000 à 100 000 habitants.

Les absences pour raison de santé recouvrent la maladie ordinaire (51 %) ou longue durée (28 %), l’accident du travail (16 %) et la maternité (5 %). En analysant la répartition pour 100 agents absents, il apparaît que 79 % d’entre eux l’ont été en maladie ordinaire, 13 % pour cause d’accident du travail, 6 % en longue maladie et 2 % en congé de maternité.

La durée des arrêts de travail est variable en fonction de chaque situation ; toutefois le statut de la fonction publique fixant des durées maximales de prise en charge pour certains types d’absence, le coût varie beaucoup en fonction de la nature de l’absence. Pour un accident du travail, l’arrêt n’est pas limité dans le temps : il peut durer tant que l’état de santé de l’agent le nécessite.

La prise en charge des indemnités journalières et des frais médicaux a des conséquences budgétaires immédiatement perceptibles par la collectivité, auxquelles s’ajoutent de nombreux impacts indirects : réorganisation des services, remplacements, gestion administrative des absences, surcharge de travail pour les collègues, mais aussi perte de qualité de service et insatisfaction des usagers. Ces  coûts indirects seraient plusieurs fois supérieurs aux coûts directs.

Deux principaux facteurs aggravent l’absentéisme : l’âge (les agents vieillissent et se remettent moins vite de leurs problèmes de santé) et le climat social, en particulier dans les structures supérieures à 500 agents. Quant aux maladies professionnelles, elles sont dues en quasi-totalité (94 %) aux troubles musculo-squelettiques (TMS).

L’étude dresse un état des lieux des frais de personnel dans les villes moyennes et propose différentes pistes d’amélioration de la GRH locale.

 

Martine Courgnaud – Del Ry

 
Source : Étude de la gestion des RH dans les villes de France. Dépasser les rigidités, Villes de France, Banque Postale et Sofaxis, 2016.

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