Les finances des petites villes s’améliorent

Finances locales

La situation financière des petites villes s’améliore, avec une baisse de leurs dépenses de fonctionnement, mais l’incertitude demeure sur la compensation de la taxe d’habitation, selon une étude de l’APVF avec la Banque postale.

L’Association des petites villes de France (APVF) présidée par Christophe Bouillon, Député de Seine-Maritime, et La Banque postale publient la 5e édition de « Regard financier sur les petites villes ».

Stabilisées sur la période 2013-2018, les dépenses de fonctionnement des petites villes « ont diminué de 0,8 % en 2018 » pour atteindre 1 014 euros par habitants, selon cette étude dévoilée mardi 4 décembre 2019.

Les recettes de fonctionnement sont quant à elles restées stables (1 195 euros par habitant en moyenne) en raison d’une baisse globale de la DGF et d’une utilisation modérée du levier fiscal : alors que 53 % des petites villes voient leur DGF diminuer en 2018, seules 17 % augmentent leur taux de taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) et 6 % l’ont même diminué.

Les dépenses d’investissement ont quant à elles progressé de 8,8 % en 2018, à l’approche de la fin de mandat des maires, avec de fortes disparités selon les villes : une petite ville sur quatre investit moins de 163 euros par habitant, tandis qu’une sur quatre investit plus de 404 euros par habitant.

Mais cette reprise « ne suffit pas à rattraper le retard accumulé entre 2013 et 2015, soit une baisse de 15,5 % des dépenses d’investissement par an sur la période », écrivent l’Association des petites villes de France (APVF) et la Banque postale.

« On a plutôt le profil de maires bon gestionnaires, qui n’appuient pas sur le bouton de la fiscalité, et lorsqu’ils le font c’est de manière raisonnée et raisonnable », souligne Christophe Bouillon (PS), président de l’APVF.

L’étude porte sur les 4 059 petites villes de 2 500 à 25 000 habitants qui totalisent 26,1 millions d’habitants, soit environ 38 % de la population française au 1er janvier 2018.

L’insuffisance de l’investissement constitue toutefois « un point d’alerte ». « Il faut investir dans les équipements, si on ne le fait pas dans la durée, ça risque de coûter beaucoup plus cher plus tard », note Christophe Bouillon.

Autre motif d’inquiétude, l’APVF s’interroge sur la compensation de la suppression de la taxe d’habitation, jusque là la principale ressource fiscale des communes, et réclame des simulations pour chaque commune.

Le gouvernement a promis une compensation « à l’euro près », mais « la vérité c’est qu’il y a encore des incertitudes sur le côté pratique de tout ça », déplore le président de l’association, qui souligne le besoin de visibilité des maires à quatre mois des élections municipales.

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