Romans, première ville à sortir des prêts toxiques en se désendettant

Finances locales

La ville de Romans-sur-Isère (Drôme), 35 000 habitants, va devenir la première collectivité de France à sortir des prêts toxiques tout en se désendettant, a-t-elle annoncé lundi 1er février, après avoir voté une délibération.

À une large majorité, sans les voix du Front national, la ville a voté dans la soirée, lors de son conseil municipal, une délibération intitulée « Emprunts dits toxiques : signature du protocole de sortie ».

Plusieurs collectivités sont déjà sorties des emprunts toxiques, comme la ville de Saint-Étienne ou le conseil général de l’Ain, mais « toutes avaient dû se ré-endetter » pour obtenir des prêts à taux fixe, a rappelé la ville dans un communiqué, pour qui ce désendettement est une « première ».

Régis Baudoin, directeur du service de pilotage du dispositif de sortie des emprunts à risque à Bercy, joint par un correspondant de l’AFP, a confirmé lundi ce mouvement de désendettement en cours à Romans, dont la dette, 60 millions d’euros, était composée de plus de 55 % de prêts toxiques.

La ville profite des aménagements prévus par l’article 31 de la loi de finances pour 2016, modifiant la méthode de calcul des ratios financiers pour les collectivités territoriales et les établissements publics bénéficiaires du fonds de soutien.

Elle va ainsi bénéficier d’une aide du fonds de soutien de 19,6 millions d’euros, l’opération devant permettre de « désendetter immédiatement la ville d’un montant d’1 million d’euros ».

La municipalité sécurise en même temps sa dette en obtenant des prêts à taux fixe de 3,32 % à 4,49 %. Certains taux étaient montés jusqu’à 16,8 %, avec l’envolée du Franc suisse en 2015, notamment.

« L’opération financière que nous avons négociée est inespérée pour les Romanais qui ont fait les frais depuis près de dix ans de cette erreur de gestion manifeste et qui ont souffert », s’est félicitée dans un communiqué la maire Les Républicains (LR) de Romans, Marie-Hélène Thoraval.

À l’issue de la négociation avec son créancier principal, la SFIL (ex-Dexia), le ratio dette/habitant est désormais estimé à 1 640 euros, contre 1 736 euros par habitant en 2014, soit une baisse de la dette de l’ordre de 3 millions d’euros, a ajouté la ville.

 

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