Concours de la fonction publique : quel est le profil des jeunes candidats ?

Fonction publique

Femmes, diplômées, originaires de villes-centres et d’aires urbaines moyennes… : voilà à quoi ressemble le portrait-robot des jeunes candidats aux concours de la fonction publique, dont le Centre d’études et de recherches sur les qualifications a analysé le profil.

Plus d’un jeune sur dix passe un concours pour devenir fonctionnaire à sa sortie du système éducatif, selon une enquête du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq). La fonction publique de l’État (6,5 % de l’ensemble des candidats) les attire davantage que la fonction publique hospitalière (2,5 %) ou la fonction publique territoriale (2,2 %).

Près de 3 % d’entre eux se sont présentés à un concours d’enseignant. Plus de la moitié (56 %) – trois quarts pour la FPT – ne présentent qu’un seul concours. Parmi ceux qui en passent plusieurs, quatre sur dix tentent uniquement des concours permettant d’intégrer le même corps ou cadre d’emplois, et ils sont peu nombreux à candidater dans plusieurs versants.

« Cela peut s’expliquer par la relativement faible sélectivité des concours de catégorie C de la FPT qui offrent le plus de postes dans ce versant, précisent les auteurs de l’étude. Les candidats ont ainsi davantage de chances d’être lauréats dans la FPT et donc de ne pas avoir à repasser un concours auquel ils échoueraient ». Et la fonction publique de l’État ouvre plus de concours que la FPT, autre raison pour que les candidats en présentent davantage.

La participation aux concours est deux fois plus importante chez les femmes, et augmente avec le niveau de diplôme : 19,8 % pour les bac +5 et 30,4 % parmi les titulaires d’un doctorat. Les formations littéraires, économiques et scientifiques ou dans les services prédisposent les jeunes à se présenter ; près d’un quart de ceux qui sont spécialisés en sciences humaines et en droit ont déjà passé un concours. À l’inverse, ce sont les jeunes issus des métiers de la production et de l’industrie qui candidatent le moins.

Lorsque leurs parents ont un bon niveau de diplôme (bac +2 à bac +4) ou sont tous les deux cadres, les enfants sont plus enclins à présenter des concours, contrairement aux jeunes dont l’un des parents au moins est immigré. Par ailleurs, la probabilité de participer à un concours de la fonction publique augmente fortement avec le niveau de diplôme.

L’appartenance géographique a également une influence : les candidats sont plutôt originaires de villes-centres, d’aires urbaines de taille moyenne ou d’outre-mer, tandis que le fait d’habiter une très grande aire urbaine ou Paris semble ne pas inciter à passer des concours.

Le Céreq a également cherché à connaître les motivations des participants aux concours, dont neuf sur dix évoquent l’intérêt du métier. Les candidats peuvent être classés en trois grands groupes : ceux qui ont une vocation pour le métier (51 %), généralement parce qu’ils souhaitent enseigner ou travaillent déjà dans la fonction publique ; ceux qui marquent un intérêt général pour la fonction publique (37 %), en principe des candidats aux concours de catégorie B et C, avec le plus souvent un niveau bac à bac +4, qui sont devenus employés ou employés qualifiés ; enfin, les candidats aux concours par défaut (12 %), qui présentent plutôt des concours de catégorie C, sont moins diplômés, issus de familles précaires et occupent un CDD.

Les jeunes qui n’ont jamais passé de concours (90 %) se répartissent en quatre groupes : ceux qui ont connu un accès direct à l’emploi (35 %), généralement diplômés du supérieur ; ceux qui ont un déficit d’information sur les concours (36 %), davantage non-diplômés, chômeurs, ou qui ont repris des études ; ceux qui disent avoir des difficultés pour candidater et réussir (15 %), souvent peu ou pas diplômés, originaires d’outre-mer et chômeurs trois ans après la fin de leurs études ; le dernier groupe marque un désintérêt général pour la fonction publique (14 %) – des enfants de cadres, plutôt diplômés d’un bac +5, originaires de région parisienne.

Parmi les critères importants, se trouvent aussi l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée et l’implication dans un travail utile à la société (plus que la rémunération). Quant aux femmes, elles s’attachent plus que les hommes à l’intérêt du poste, en particulier les candidates de la FPT.

Marie Gasnier

Zoom sur la FPT :

Peu d’hommes se présentent aux concours de la FPT, qui rassemblent davantage de candidats diplômés de niveau CAP‐BEP et de niveau bac +2 à bac +4, ainsi que de jeunes spécialisés notamment dans les services aux collectivités et dans l’agriculture.

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