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La Cnaf confirme la pénurie de professionnels de la petite enfance

Publié le 2 août 2022 à 10h24 - par

Selon la Cnaf, plus de 10 000 postes sont vacants dans les établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE).

La CNAF confirme la pénurie de professionnels de la petite enfance

Lors de la réunion du comité de filière Petite enfance, le 11 juillet 2022, la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) a présenté les résultats de son enquête nationale sur la « Pénurie de professionnels en établissements d’accueil du jeune enfant ». Portant sur 15 986 crèches collectives offrant 411 959 places d’accueil, celle-ci dresse un constat alarmant de la situation dans les EAJE. Près de la moitié (48,6 %) des crèches collectives déclarent un manque de personnel auprès d’enfants. Ainsi, 8 908 postes auprès d’enfants sont déclarés durablement vacants ou non remplacés à la date du 1er avril 2022, soit entre 6,5 % et 8,6 % de l’effectif total de professionnels auprès des enfants !

Le niveau d’exposition des départements aux difficultés de recrutement (rapporté au nombre de places agréées) varie d’un facteur de 1 à 9, ajoute la Cnaf. La région Île-de-France, qui compte le plus de places, concentre à elle seule 41 % du total des postes auprès d’enfants vacants. Les territoires des départements de la première couronne parisienne, de Paris, du Rhône et de la Guyane apparaissent particulièrement exposés au phénomène de pénurie de personnels auprès d’enfants, dans des proportions de 30 à 60 % supérieures au reste du territoire national. Les EAJE situés en-dehors des métropoles rencontrent 25 % de difficultés de personnels en moins.

Résultat : 9 512 places sont durablement fermées ou inoccupées à cause d’une difficulté de recrutement, soit 2,3 % du total des places recensées dans le cadre de cette enquête. « La part des places fermées étant significativement moins élevée que la proportion de postes vacants, un certain nombre d’EAJE fonctionnent avec des effectifs en tension », précise la Cnaf. La difficulté de fonctionnement qui en découle est encore renforcée par le nombre de postes de direction manquants : plus d’1 crèche sur 10 en moyenne est concernée par ce phénomène. Au total, 1 623 postes de direction sont déclarés découverts, rapporte l’enquête.

Présent lors de la séance du comité du filière Petite enfance, le ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées a confirmé la volonté du Gouvernement de construire un service public de la petite enfance. « Oui, nous voulons qu’au terme de son déploiement, les 200 000 solutions d’accueil manquantes soient trouvées, car nous nous devons de répondre à la première préoccupation des parents », a affirmé Jean-Christophe Combe.

« Nous savons désormais que ce sont près de 10 000 professionnels qui nous manquent, dès aujourd’hui, pour revenir à notre pleine capacité d’accueil et nous connaissons les profils dont nous avons besoin et les territoires où nous en avons besoin, a poursuivi le ministre. Avec cette enquête, c’est une étape fondamentale qui est franchie aujourd’hui vers la construction d’une gestion prévisionnelle des besoins en professionnels de la petite enfance. »

Jean-Christophe Combe a, par ailleurs, annoncé le lancement rapide d’une mission de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) pour, notamment, expertiser quatre idées versées au débat par le ministre. À savoir :

  • L’obligation de création d’un conseil des parents dans toute crèche ;
  • La mise en place d’un système de signalement et de suivi national des incidents ;
  • L’instauration d’une obligation périodique d’évaluation externe sur la base d’un référentiel national, comprenant le cas échéant la satisfaction des parents, dont les résultats sont rendus publics ;
  • La limitation dans le temps de la durée d’autorisation des établissements, à l’image de ce qui se pratique déjà s’agissant de l’agrément des assistants maternels.

Enfin, « et en réponse très directe à deux de vos demandes-phares », le ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées a annoncé le déblocage de crédits supplémentaires « dès cette année 2022 ». Au programme :

  • 500 000 euros pour un accompagnement du comité de filière Petite enfance sur 18 mois par l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (ANACT), afin d’accompagner la construction d’un Observatoire de la qualité de vie au travail dans la petite enfance ;
  • 6 millions d’euros pour doubler, cette année, les crédits locaux disponibles pour le plan Ambition Enfance-Égalité. Objectif permettre cette année de financer l’analyse des pratiques pour l’ensemble des modes d’accueil ;
  • 2 millions d’euros afin de financer une campagne de promotion et de valorisation des métiers de la petite enfance, « qui viendra mettre en lumière les compétences, les responsabilités, les enjeux immenses » de ces métiers : assistants maternels, gardes d’enfants à domicile, Atsem, accompagnants éducatifs petite enfance, auxiliaire de puériculture, éducateurs de jeunes enfants, infirmiers puériculteurs, infirmiers, psychomotriciens, directeurs, responsables et référents techniques, animateurs de relais petite enfance.
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