Les salaires des femmes demeurent inférieurs dans les trois fonctions publiques

Rémunération

Mieux concilier vies familiale et professionnelle, aménager le temps de travail et les horaires dans les postes à responsabilité, surveiller les promotions discriminatoires augmenterait leur salaire moyen.

Malgré des actions visant à favoriser l’égalité professionnelle entre femmes et hommes au sein de la fonction publique, les écarts de salaire y demeurent importants », constate le Centre d’études de l’emploi*. En moyenne, les femmes gagnent chaque mois 365 euros de moins que leurs collègues masculins (18,9 %). Plus important dans la fonction publique d’État (FPE) avec une différence de 22,7 %, et plus faible dans la fonction publique hospitalière (FPH) où il s’élève à 6,6 %, l’écart salarial représente 17,5 % dans la fonction publique territoriale (FPT), soit 281 euros.

Plusieurs textes se sont pourtant succédé pour remédier aux différences de traitement : « loi Roudy » de 1983 sur l’égalité professionnelle1, loi Génisson de 2001 sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes2, loi sur l’égalité salariale entre les femmes et les hommes en 20063. Et l’évolution vers l’égalité est d’autant plus souhaitable que la fonction publique est particulièrement féminisée.

Le Centre d’études de l’emploi identifie deux sources principales à cette inégalité salariale. Tout d’abord, la différence de temps de travail, liée notamment aux maternités et aux gardes d’enfants qui diminuent leur ancienneté et retarde leur avancement, conduit les femmes à sacrifier une partie de leur carrière. Ce facteur se retrouve dans les trois fonctions publiques.

Autre cause d’écarts de salaires – la principale dans la FPE et la FPT -, la ségrégation professionnelle, qui se traduit par un accès inégal à certaines filières et à certains corps très rémunérateurs, ou, à l’intérieur des corps, aux grades les plus élevés. Ainsi, dans la FPT, les femmes sont moins souvent employées dans les filières les plus rémunératrices (incendie-secours et sécurité-police municipale) mais surreprésentées dans la filière sociale, qui l’est peu. Bilan : une différence de 22,6 % sur la fiche de paye.

Dans la FPH, en revanche, c’est l’âge qui explique principalement (pour moitié) les inégalités salariales. Les femmes titulaires y sont plus fréquemment âgées de moins de 30 ans, et elles sont aussi moins nombreuses que les agents masculins après 50 ans. D’où un moindre poids de l’ancienneté, qui influence la rémunération.

 

Marie Gasnier

 

* Source : Pourquoi les femmes sont-elles moins bien rémunérées que les hommes dans les trois fonctions publiques ?, Connaissance de l’emploi, janvier 2016

 


Notes :

1. Loi n° 83-635 du 13 juillet 1983
2. Loi n° 2001-397 du 9 mai 2001 relative à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes
3. Loi n° 2006-340 du 23 mars 2006 relative à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes

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