Pouvoir d’achat des fonctionnaires : les syndicats et Georges Tron successivement auditionnés par les députés

Rémunération

La Mission d’évaluation et de contrôle (MEC) de l’Assemblée a auditionné les syndicats de la fonction publique le 18 mai dernier et le secrétaire d’État à la Fonction publique ce mardi 24 mai.

Premiers à être entendus donc, les syndicats de la fonction publique, qui ont émis de sérieuses réserves quant à l’évolution du pouvoir d’achat des agents publics, sur laquelle planchent les députés de la MEC. Éric Dorn, représentant de la CGT, a bien admis que le pouvoir d’achat des fonctionnaires avait peut-être connu la hausse générale de 10 % comme l’affirme le gouvernement, mais tout en soulignant que cette hausse résultait de l’accumulation de différentes mesures, concernant des agents distincts.

Ils ont par ailleurs insisté sur la baisse relative de la rémunération des fonctionnaires. Celle-ci était, pour un agent de catégorie A en début de carrière, de 75 % supérieure au SMIC en 1985, et ne l’est plus que de 18 % aujourd’hui.

Les syndicats ont enfin fait part de leurs inquiétudes concernant la part de rémunération au mérite prônée par le gouvernement, arguant qu’elle constituait un frein à la mobilité. Les agents territoriaux touchant une forte prime au mérite étant peu enclins à rejoindre une collectivité moins riche, et donc moins généreuse.

À l’inverse, Georges Tron estimait cette semaine que la prime de fonction et de résultat (PFR), permettrait de faciliter la mobilité des agents, rendue difficile selon lui par les nombreuses primes particulières que la PFR doit contribuer à harmoniser.

Concernant l’épineuse question du pouvoir d’achat, Georges Tron a rappelé que la hausse générale du pouvoir d’achat était due à 53 % à l’avancement des agents, à 25 % à des réformes des catégories, à commencer par celle de la catégorie B, et à 25 % seulement à des mesures concernant l’ensemble des agents, dont le point d’indice, dont le gel pour la seconde année consécutive constitue le point de rupture entre les syndicats et le gouvernement.

Autre piste pour faire des économies, selon le secrétaire d’État : la fusion des corps, qui devrait passer à 250 d’ici 2015. Concernant le non remplacement d’un agent sur deux, il a admis qu’elle n’avait pas permis de faire autant d’économies que prévu, la part de celles-ci reversés aux agents par les administrations, notamment pour payer les heures supplémentaires, s’élevant à 700 millions d’euros au lieu des 430 millions estimés, sur un total de 860 millions d’euros pour l’année 2009. Il a cependant estimé l’objectif des 50 % d’économies reversées aux agents atteignable à l’horizon 2012.

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