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Des recrutements d’urgence en préparation pour le sanitaire et le médico-social

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Le gouvernement s’apprête à lancer une campagne de recrutement d’urgence sur les métiers du soin et de l’accompagnement.

Des recrutements d'urgence en préparation pour le sanitaire et le médico-social

Cinq membres du gouvernement – Olivier Véran (Solidarités et Santé), Élisabeth Borne (Travail, Emploi et Insertion), Brigitte Bourguignon (Autonomie), Brigitte Klinkert (Insertion) et Sophie Cluzel (Personnes handicapées) – ont adressé mi-décembre, aux préfets et aux directeurs généraux des Agences régionales de santé (ARS), une circulaire interministérielle les invitant à mettre en œuvre une campagne de recrutement d’urgence sur les métiers du soin et de l’accompagnement, dans les secteurs sanitaire, du grand âge et du handicap. Préfets et DG des ARS sont sommés de mettre en place une gouvernance territoriale adaptée.

Objectif : piloter, animer et suivre les actions en matière de recrutement, d’orientation et de formation des demandeurs d’emploi dans ces secteurs en tension de ressources humaines. Les premiers retours sont attendus pour cette fin janvier 2022.

Les vagues successives de la crise sanitaire ont épuisé de nombreux professionnels qui choisissent, comme dans d’autres secteurs, de changer d’activité, explique la circulaire. Déjà importants en 2019 et 2020, les besoins de recrutement « n’en sont que plus pressants ». Les besoins les plus critiques portent sur les infirmiers, les aides-soignants, les accompagnants éducatifs et sociaux, les auxiliaires de vie, les aides médico-psychologiques (AMP), les éducateurs spécialisés et les agents de services hospitaliers qualifiés (ASHQ), énumèrent les quatre ministres et la secrétaire d’État.

Pour aider les employeurs des trois secteurs, le gouvernement va donc lancer une nouvelle campagne de recrutement. Une gouvernance régionale spécifique pourra être activée, associant l’ARS, la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS), le conseil régional, la direction régionale de Pôle emploi et l’Union régionale des missions locales. Selon la circulaire, il s’agira d’établir ensemble, en lien étroit avec les représentants des employeurs, la stratégie pour :

  • Quantifier et qualifier les besoins de la région, tant en termes de besoins de recrutement que de places de formation disponibles et à programmer.
  • Motiver des candidats à s’orienter vers ces métiers en mobilisant l’ensemble des acteurs régionaux : service public régional de l’orientation, opérateurs du conseil en évolution professionnelle (CEP) et associations Transition Pro (AT Pro) accompagnant les personnes en reconversion. Les acteurs de l’insertion des personnes rencontrant des difficultés sociales et professionnelles dans leur accès au marché du travail, au premier rang desquels le conseil départemental, et, dans les territoires concernés, les partenaires membres du consortium service public de l’insertion et de l’emploi (SPIE), pourront être utilement mobilisés pour favoriser les orientations vers ces métiers en tension. Une attention particulière devra être accordée aux allocataires du RSA.
  • Partager l’information sur les offres de service « Appui au recrutement » respectives des acteurs régionaux. Objectif : coordonner les interventions et les moyens destinés à préparer à ces emplois, avec les modalités de contrats les plus adaptées et en mobilisant, notamment, les préparations opérationnelles à l’emploi individuelles ou collectives, les actions de formation préalable à l’embauche, les méthodes de recrutement par simulation (MRS)…
  • Les personnes primo-arrivantes et réfugiées pourront faire l’objet d’une attention particulière, selon le modèle des actions de sourcing, formation, recrutement, notamment dans le cadre du programme Hébergement Orientation Parcours vers l’Emploi (HOPE). À l’image des initiatives menées, par exemple, en Pays de la Loire, ou des actions conduites par les régions pour conduire des personnes primo-arrivantes vers les métiers de l’autonomie, en lien avec les CCAS, comme en Bretagne.
  • Réaliser les recrutements en facilitant l’appariement de l’offre et de la demande d’emplois en région sur ces métiers.

Comme pour l’ensemble des secteurs en tension, le service public de l’emploi, notamment Pôle emploi, se mobilisera pour :

  • Accompagner les employeurs du secteur afin de renforcer la visibilité et l’attractivité des offres d’emploi.
  • Identifier les candidats potentiels issus notamment de secteurs confrontés à une baisse d’activité, et leur faire découvrir, avec les professionnels, ces métiers, en organisant des rencontres en agence, dans les établissements ou à distance, ainsi que des immersions (périodes de mise en situation en milieu professionnel).
  • Évaluer de manière spécifique les aptitudes et la motivation de ces personnes pour entrer dans ces métiers (les conseillers disposeront d’un outil dédié).
  • Lever les éventuels freins à l’accès à ces emplois liés à la mobilité géographique ou à la garde d’enfant.
  • Proposer à ces personnes des formations courtes, préalables à l’embauche, qui permettent d’apporter les bases de l’accompagnement de personnes en perte d’autonomie (en raison de leur âge ou de leur handicap). Le financement de ces formations peut être assuré par Pôle emploi ou par la région.
    « Ces formations courtes peuvent notamment faciliter l’intégration de nouveaux salariés pour venir en renfort », précise la circulaire. Celles-ci sont indiquées pour des recrutements, afin de :
  • Participer aux soins des personnes âgées en établissement médico-social ou en établissement de santé sur des postes d’agents des services hospitaliers qualifiés (ASHQ), en renfort des aides-soignants ;
  • Accompagner des personnes en situation de handicap, en renfort des accompagnants éducatifs et sociaux (AES) ou des aides-soignants ;
  • Assurer des services de confort auprès de personnes âgées ou en situation de handicap à leur domicile.

Dès le mois de février 2022, une campagne de communication nationale sur les métiers du soin, du grand âge et du handicap sera lancée auprès du grand public « pour susciter des vocations et faciliter les recrutements », annonce la circulaire.