Covid-19 : pendant la pandémie, le télétravail devient la règle pour les agents publics

Santé et sécurité au travail

Sauf s’ils participent aux plans de continuité de l’activité et que leur présence est obligatoire, les agents doivent impérativement télétravailler. L’État met à la disposition de tous ses agents un service de web-conférence et une messagerie instantanée. Ce travail à distance massif peut saturer les réseaux.

Avec la crise sanitaire, le télétravail devient la règle impérative pour tous les postes de la fonction publique qui le permettent, précise un communiqué du secrétaire d’État auprès du ministre de l’Action et des comptes publics publié le 16 mars 2020 (avant l’annonce du confinement total), après une réunion avec les organisations syndicales et les employeurs des trois versants de la fonction publique. En cas d’impossibilité, l’employeur doit placer l’agent en autorisation spéciale d’absence (ASA). Seuls les agents participant aux plans de continuité de l’activité (PCA) dont la présence physique est obligatoire, se rendent sur leur lieu de travail. Des PCA ont ainsi été mis en place dans chaque ministère ou structure publique depuis le 15 mars. Objectif : organiser la réaction opérationnelle et assurer le maintien des activités indispensables pour les ministères, services déconcentrés, collectivités territoriales et établissements hospitaliers et médico-sociaux. Ils déterminent quels agents doivent être présents physiquement, ou en télétravail actif avec un matériel adapté (attribué par le service ou personnel).

Ce télétravail public peut s’appuyer sur deux outils en ligne sécurisés, conçus et maîtrisés par l’État : la messagerie instantanée Tchap et un outil de web-conférence pour mener des réunions en ligne. Disponible sur smartphones et tablettes (Android et Apple) et sur ordinateur via un simple navigateur, Tchap permet non seulement de discuter à plusieurs, de façon privée ou publique, mais aussi de partager des fichiers ou encore d’inviter des correspondants extérieurs à l’État : partenaires, prestataires… Les échanges publics concernent par exemple l’innovation, la cybersécurité, l’emploi public ou des communautés comme beta.gouv.fr… Tout agent de l’État peut créer un compte à partir de son adresse courriel professionnelle. Tchap est expérimenté dans plusieurs collectivités depuis février. Les collectivités intéressées doivent contacter DCANT.INUM@modernisation.gouv.fr.

Le service interministériel Webconf.numerique.gouv.fr vise la coopération des équipes et le travail à distance : organiser des réunions ou conférences (audio ou vidéo), diffuser des présentations, partager la fenêtre d’un ordinateur, discuter en instantané, éditer en temps réel un texte en mode collaboratif… Ce dispositif est accessible également à tous les agents de l’État et à leurs interlocuteurs : partenaires, prestataires, entreprises, citoyens… Ces derniers peuvent y accéder par internet, soit en ligne soit par smartphone ou tablette Android à l’aide de l’application Jitsi Meet. Tchap et Web-conférence sont hébergés en France sur des serveurs de l’État et apportent les garanties de confidentialité et de chiffrement des données par un protocole sécurisé.

De son côté, France urbaine assure que de nombreuses collectivités urbaines avaient commencé à étudier par anticipation une augmentation massive du télétravail, pour les personnels essentiels pouvant travailler à distance. L’association d’élus rappelle que cela soulève à court terme un certain nombre de difficultés, car jusqu’à présent, toutes les collectivités n’avaient pas ou peu ouvert l’accès au télétravail. L’accès aux interfaces et la capacité des serveurs à supporter une montée en charge risque donc de se poser. Par ailleurs, les agents qui assurent les missions essentielles n’étant pas forcément ceux qui utilisaient le télétravail, leur matériel informatique professionnel ou personnel peuvent ne pas être adapté, certaines applications métiers risquent d’être impossibles à utiliser à distance et les équipements insuffisamment sécurisés. Lorsque la fonction des agents, trop technique, ne se prête pas au télétravail, certaines collectivités pourraient leur proposer des formations à distance. Quant à l’Association des DRH de grandes collectivités, elle pointe les problèmes d’isolement des agents, entraînés par un recours massif au télétravail ; les managers devront y être attentifs.

Marie Gasnier

 

Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) a défini les pathologies qui excluent certains agents d’un travail en présentiel : insuffisance rénale chronique dialysée, insuffisance cardiaque, cirrhose, antécédents cardiovasculaires, diabétiques insulinodépendants ou présentant des complications, insuffisants respiratoires chroniques, asthme, personnes traitées par chimiothérapie, présentant une obésité morbide… Ces agents qui ne relèvent pas d’un PCA ou doivent être remplacés. Ils doivent déposer une déclaration sur le portail de la CNAMTS, pour enclencher la procédure dédiée aux plus vulnérables face au Covid-19. Il convient aussi de prendre toutes les précautions pour les femmes enceintes en leur proposant systématiquement de travailler à distance ; si c’est impossible, le chef de service doit leur délivrer une autorisation spéciale d’absence.

 

Bien utiliser les réseaux à distance

La direction interministérielle du numérique (Dinum) décrit les bonnes pratiques pour ne pas saturer les réseaux liés au télétravail : limiter les connexions à distance, réserver les consultations internet à un usage strictement professionnel en évitant les téléchargements de fichiers lourds et les accès aux espaces de stockage distants (drives), limiter l’utilisation d’internet entre 10h30 et 15h30, supprimer les images de la signature de mail, se déconnecter du réseau à distance ou utiliser ses outils personnels pour regarder des vidéos ou effectuer des recherches « non sensibles ».

 

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