Inondations : le CGEDD préconise un objectif de « zéro mort évitable » près de la Méditerranée

Urbanisme

Le pourtour méditerranéen est sujet aux pluies violentes et aux inondations. La prévention et la gestion de ces catastrophes passent par une meilleure organisation de l’État, alliée à un engagement coordonné des collectivités.

Près de la Méditerranée, de nombreux décès sont dus aux inondations, liées aux pluies très intenses de l’automne et du printemps notamment (épisodes cévenols ou méditerranéens). Pour y remédier, le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) préconise d’adopter un dispositif « zéro mort évitable » en zone méditerranéenne, associant l’action des collectivités à celle de l’État. La population, qui compromet parfois sa sécurité (tentatives de franchissement de passage à gué, descente au sous-sol pour tenter de sauver des biens ou des animaux…), doit être sensibilisée, notamment par une campagne de lancement de la saison cévenole. Comme pour la sécurité routière, il conviendrait de lui inculquer les bons réflexes (rester chez soi et ne sortir sous aucun prétexte tant que l’alerte n’est pas levée, écouter la radio…), et de vérifier que les messages de prévention diffusés sont efficaces. Pour renforcer la prévention, les collectivités doivent relayer les messages nationaux, en les adaptant aux circonstances locales.

Le CGEDD propose de créer une délégation interministérielle dédiée aux inondations en zone méditerranéenne, articulée autour du préfet de zone. En liaison étroite avec les régions et les départements, elle pourrait instaurer un dispositif d’analyse des circonstances de décès avec les différents ministères ou encore définir une stratégie et une méthodologie de retour d’expérience adaptées à l’intensité des dommages. Il faudrait également que les programmes d’action et de prévention des inondations (PAPI) prennent en compte les conclusions des analyses et les travaux nécessaires pour limiter les situations dangereuses. Idem pour les documents d’urbanisme et les plans de prévention des risques inondation (PPRI) avec le ruissellement.

Outre le rôle de directeur des opérations de secours du maire sur sa commune, l’efficacité des pouvoirs publics en matière d’inondations suppose aussi un engagement « fort et coordonné » de tous les échelons de collectivités : département, communes (PLU, Dicrim et PCS, schéma d’assainissement pluvial…), établissements publics territoriaux de bassin (EPTB) et établissements publics d’aménagement et de gestion des eaux (Epage) – émanations des EPCI qui ont engagé l’élaboration de stratégies locales de gestion du risque inondation.

Les collectivités doivent adopter des dispositifs d’alerte de la population, en particulier dans les secteurs que le service de prévision des crues de l’État ne couvre pas, à intégrer dans les PCS et à élaborer en cohérence avec ceux de l’État.

La réflexion du CGEDD s’est notamment appuyée sur l’instruction interministérielle du 31 décembre 2015 (consécutive aux dramatiques inondations survenues cet automne-là dans les Alpes-Maritimes et dans le Var), qui avait prévu des mesures d’urgence et défini des thèmes prioritaires : information des citoyens, ruissellements rapides, campings exposés, préparation de crises (dont plan communal de sauvegarde).

Marie Gasnier

 

Source : Propositions d’actions pour mieux gérer les inondations en zone méditerranéenne et limiter leurs conséquences, ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, décembre 2016

Posté le par

Recommander cet article

Réagissez à cet article sur le forum