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La Fédération des SCoT veut promouvoir de nouveaux modèles d’aménagement territorial

Publié le 13 juillet 2022 à 8h00 - par

Face aux défis liés au zéro artificialisation nette, la Fédération des SCoT appelle les élus à « choisir pour ne pas subir ».

La Fédération des SCoT veut promouvoir de nouveaux modèles d'aménagement territorial

Changement climatique, amplification des risques naturels, mutations du commerce, enjeux de réindustrialisation et de souveraineté alimentaire, évolution démographique avec notamment le vieillissement de la population, lutte contre l’artificialisation des sols, la France vit aujourd’hui une « véritable révolution dans l’aménagement de son territoire », est convaincue la Fédération nationale des SCoT, association d’élus représentant les structures porteuses d’un Schéma de cohérence territoriale. La 16e édition de ses Rencontres nationales, les 16 et 17 juin à Besançon, était ainsi placée sous le signe des « nouveaux modèles d’aménagement territorial ». Face aux défis liés au zéro artificialisation nette, la Fédération appelle clairement les élus responsables de la définition de projets stratégiques d’aménagement et de développement des territoires à « choisir pour ne pas subir ».

Les élus de la Fédération des SCoT plaident pour « un changement de paradigme dans notre manière de penser le territoire », notamment pour continuer à le développer tout en changeant de modèle d’aménagement des territoires, en s’inscrivant dans les objectifs de sobriété foncière posés par la loi du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets et la trajectoire Zéro Carbone à 2050.

La raréfaction rapide du foncier, couplée aux nouveaux enjeux d’aménagement auxquels ils doivent faire face, conduisent les SCoT à imaginer et dessiner de nouvelles stratégies territoriales, aux côtés des acteurs publics et privés du cadre de vie. À titre d’exemple, le président de la Fédération des SCoT, Michel Heinrich, a invité à poser un autre regard sur les espaces naturels protégés, qui sont « autant d’opportunité de développement et de préservation du territoire que le bâti. Souveraineté alimentaire, transition énergétique, lutte contre les inondations, préservation de la biodiversité… Il faut arrêter d’appréhender ces espaces comme des contraintes supplémentaires, mais plutôt parvenir à les intégrer dans des projets plus globaux ».

Pour mener à bien cette « révolution », il faudra compter sur la mobilisation de tous les acteurs, « État, région, département et bloc local », ainsi que les aménageurs privés, qui « devront redoubler d’imagination », assure Michel Heinrich. La Fédération se dit prête à relever ce défi et a déjà commencé à travailler sur des nouveaux scénarii d’aménagement du territoire dans le cadre de ses conférences régionales.

Parallèlement, la Fédération des SCoT appelle le Gouvernement à profiter du prochain projet de loi de finances pour faire évoluer le cadre fiscal et financier et accompagner la mise en place de ces nouveaux modèles d’aménagement : aide à la pierre, réforme de la fiscalité, accompagnement des collectivités en matière d’ingénierie…

À l’occasion de ses Rencontres nationales, la Fédération des SCoT a présenté une étude intitulée : « S’engager dans de nouveaux modèles d’aménagement : choisir pour ne pas subir ! ». Cette publication a vocation à aider les élus et leurs techniciens à identifier les questions à se poser, les actions à engager immédiatement et à définir un cadre de réflexion sur les nouveaux modèles, notamment les définitions des besoins, la création de valeurs, les conditions d’une densité appropriée par les habitants, le rôle des espaces non bâtis comme épicentre des transitions ou encore les enjeux de qualité des aménagements et du dialogue local. « Nous allons devoir faire preuve de créativité pour ne pas reproduire l’aménagement de ces 60 dernières années, explique le président de la Fédération des SCoT. Nous sommes à un moment de rupture qui va bouleverser les modes de vie des habitants. Nous devrons donc trouver les modalités pour écouter nos concitoyens, nous appuyer sur leur expertise d’usage et de transformation, leur permettre de s’approprier les enjeux de transitions et d’accompagner les changements à venir ».