Un agent public sur quatre se sent en insécurité sur son lieu de travail

Publié aujourd'hui à 14h30 - par

Policiers, gendarmes, agents des services santé-social, aides-soignants, enseignants… Les agents publics sont victimes de violences dans l’exercice de leur métier, notamment lorsqu’ils sont en contact avec les usagers.

Un agent public sur quatre se sent en insécurité sur son lieu de travail
© Par Mykyta - stock.adobe.com

Harcèlement moral, violences physiques, menaces, injures, violences sexuelles ou discrimination : les agents de la fonction publique subissent toutes formes de violences au travail, davantage que les salariés du privé (16 % contre 15 %), selon l’enquête Vécu et ressenti en matière de sécurité (VRS) 2024, publiée par le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) le 28 mai 2026. Ils reçoivent notamment des injures et des menaces, et subissent des violences physiques, plus particulièrement lorsqu’ils sont en contact avec les usagers.

Insécurité au travail : 25 % des agents publics concernés

L’étude relève ainsi que, dans la fonction publique, 92 % des atteintes sont subies par des agents en contact avec le public, alors qu’ils représentent 84 % des agents du secteur. Policiers, militaires et pompiers sont concernés au premier chef, avec 15 % des atteintes dans le contexte professionnel, bien qu’ils représentent seulement 4 % des agents. De même, les professions intermédiaires de la santé et du travail social (11 % des agents) sont surreprésentées parmi les victimes, avec là encore 15 % des atteintes dans le contexte professionnel.

En 2024, 25 % des agents de la fonction publique se sentent « souvent ou de temps en temps en insécurité sur leur lieu de travail ». Un sentiment renforcé lorsque la personne a déjà été victime de violence au travail. Le sentiment d’insécurité touche 44 % des policiers, militaires et pompiers, 36 % des agents exerçant une profession intermédiaire de la santé et du travail social, mais seulement 13 % des cadres administratifs et techniques de la fonction publique. Par comparaison, seuls 16 % des salariés du privé ressentent une insécurité.

Discrimination des immigrés

En effet, les atteintes décrites par les agents publics sont à 42 % associées à leur métier (32 % pour les salariés du privé). Tous types de violences sont concernés : harcèlement moral (57 %), violences physiques (49 %), menaces (49 %), injures (28 %), violences sexuelles et discrimination (27 %). S’ils sont un peu sous-représentés parmi les victimes d’atteintes dans le cadre de leur métier (5 %), alors qu’ils représentent 8  % des agents publics, les immigrés et descendants d’immigrés sont logiquement davantage touchés par les discriminations (13 %). La discrimination concerne, à 82 %, l’origine réelle ou supposée, ou la couleur de peau.

Dans la fonction publique, 81 % des victimes de violences sexuelles sont des femmes mais elles sont moins exposées aux injures et aux violences physiques (56 % des cas) et aux menaces (37 %). Les agents de 30 à 49 ans, qui constituent 50 % des effectifs, sont surreprésentés parmi les victimes (58 %), les moins de 30 ans (13 % des agents) étant plus souvent l’objet de violences sexuelles.

Un agent public sur dix porte plainte, notamment en cas de violences physiques ou de menaces.

Toutefois, l’analyse porte sur un échantillon réduit d’observations – par exemple, les violences physiques ne concernent pas plus de 2 % des agents. D’où « une certaine fragilité en termes de précision des indicateurs suivis dans cette publication », précise le SSMSI qui ajoute qu’il est « prudent d’attendre plusieurs années pour s’assurer qu’il y a une tendance à la hausse ou à la baisse de certains phénomènes ».

Marie Gasnier

* Environ 110 000 personnes de 18 à 65 ans, résidant en France métropolitaine, en Martinique, en Guadeloupe ou à La Réunion, en emploi, ont été interrogées entre mi-février et début mai 2024.

Les agents publics bénéficient d’une protection pénale spécifique

Le Code pénal punit de 7 500 euros d’amende et d’une peine de travail d’intérêt général l’outrage à agent – un acte commis à l’égard d’une personne chargée d’une mission de service public et qui nuit à sa dignité ou au respect dû à sa fonction. L’article 433-5 du Code pénal considère notamment comme outrages les insultes orales, l’envoi d’objets ou de lettres d’insultes, les menaces orales ou écrites, les gestes insultants ou menaçants. Les violences physiques sont punies comme les coups et blessures.


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