Le Pays basque réclame une « collectivité territoriale maintenant »

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Quelque 500 personnes, dont une forte proportion d’élus locaux, se sont réunies le 27 avril à l’université de Bayonne pour défendre le projet d’une collectivité territoriale du Pays Basque et sa mise en place « maintenant ».

« Nous avons un consensus historique autour de ce projet », s’est réjouit Christine Bessonart, présidente de l’assemblée des Maires des 158 communes que forment le Pays basque.

« Il faut chasser une idée fausse », a souligné Michel Veunac, conseiller régional (Modem), « sa création ne signifie pas la mise du Pays Basque en autarcie. Au contraire, elle prendra sa place dans la plate-forme euro-régionale qui se dessine autour du Pays basque espagnol, du sud des Landes et du Béarn ».

Selon le sénateur centriste Jean-Jacques Lasserre, cette collectivité « répond à l’ambition et à l’esprit du nouvel acte III de la décentralisation souhaité par le président de la République ».

Les 500 acteurs présents à l’Université, maires, adjoints, conseillers municipaux, conseillers généraux, mais aussi parlementaires nationaux et européens, sont issus de tous milieux et de toutes les sensibilités. Sur les bancs étaient également présents des représentants de syndicats, des acteurs sociaux, économiques, culturels et de simples membres de la société civile.

La collectivité territoriale prendrait la forme juridique d’une personnalité morale de droit public, de niveau départemental. Dans son champ d’action, huit domaines prioritaires ont été identifiés : le logement, le transport, l’agriculture, le tourisme, l’économie, la culture, la langue basque et la coopération transfrontalière.

« Nous faisons une proposition à Paris », a dit la député PS Frédérique Espagnac. « Est-ce facile de l’obtenir ? Je réponds : non. Va-t-on contourner Manuel Valls ? Je réponds non », a-t-elle ajouté.

Manuel Valls avait exprimé en janvier à la télévision son opposition à la création d’une telle entité, « dangereuse pour l’unité de notre pays ».

« Mais, a poursuivi la sénatrice également porte-parole du gouvernement, la collectivité territoriale est possible, elle pendra du temps et la mobilisation de tous est nécessaire ».

À la fin de la séance qui réclamait « une collectivité territoriale pour le Pays basque maintenant », un manifeste a été lu par des représentants de la société civile demandant « au gouvernement d’entendre la voix du Pays basque » et appelant à « une manifestation pacifique, joyeuse et déterminée le 1er juin ».
 

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