Syndicats et salariés manifestent contre l’attribution du marché de l’éclairage public à Grenoble

Appel d'offres

Près de 150 salariés du gestionnaire historique de l’électricité à Grenoble ont manifesté lundi soir pour dénoncer l’attribution dès 2015 du marché de l’éclairage public de la ville à un consortium privé réunissant Vinci et Bouygues, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les organisations syndicales de la société d’économie mixte Gaz Électricité de Grenoble (GEG), dont la ville est actionnaire majoritaire, reprochent à la municipalité de ne pas avoir laissé la possibilité à l’entreprise de formuler au cours de la procédure d’appel d’offre une proposition compétitive, qui lui aurait permis de garder le marché. « Nous faisions partie des deux dernières entreprises retenues et nos propositions étaient très proches. Le dialogue compétitif, période au cours de laquelle les deux derniers candidats sont à nouveau auditionnés et peuvent affiner leurs offres, n’a pas eu lieu et nous ignorons pourquoi », a déploré Alain Trémier, secrétaire du syndicat CGT. L’intersyndicale CFE-CGC, CGT et FO a dénoncé « un choix politique » et sommé la municipalité de « faire preuve de transparence » sur ses « véritables intentions ». « Ils ont prôné le service public pendant toute la campagne municipale et à la moindre occasion, ils penchent du côté d’un groupe privé du Cac 40. Ce discours comporte beaucoup de paradoxes. Nous ne souhaitions pas être privilégiés, simplement être jugés à notre juste valeur », ajoute Alain Trémier.

Vingt-cinq emplois sont menacés d’après les syndicats, qui évoquent également 1,5 million de pertes de chiffre d’affaires pour l’entreprise. « Comment se fait-il qu’avec des notes supérieures à ses concurrents, GEG se voit placé derrière eux ? », se sont interrogés les syndicats lundi soir devant le conseil municipal. « Une dernière offre aurait pu permettre à GEG à défendre sa candidature », ont-ils souligné devant les élus.

« Le mode de gestion de GEG a évolué au fil des années. Il nous faut distinguer l’actionnariat et la contractualisation de l’outil lui-même, à savoir les salariés et leurs compétences », a rétorqué Éric Piolle, le maire de la ville. « Au sujet de la dimension sociale, il y aura maintien des salariés concernés dans la structure s’ils le souhaitent », a-t-il précisé, avant de reporter le conseil municipal et le vote de la délibération validant l’appel d’offre à lundi prochain. Créée en 1851, GEG, longtemps régie municipale, a été en partie privatisée en 1986. L’entreprise, à qui avait aussi été confiée la gestion de l’éclairage public, est aujourd’hui le sixième distributeur français d’électricité.

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