L’Ademe analyse les impacts de la pratique du vélo

Publié le 15 mai 2026 à 14h30 - par

L’Agence de la transition écologique vient de publier une étude sur l’impact socio-économique des usages du vélo en France.

L'Ademe analyse les impacts de la pratique du vélo
© Par Fabio - stock.adobe.com

Publiée fin avril 2026 à l’occasion du lancement du challenge « Mai à vélo », une nouvelle étude de l’Ademe vient actualiser et approfondir l’analyse des impacts de l’utilisation du vélo en France. La pratique du vélo connaît une hausse significative et s’inscrit de plus en plus dans le quotidien des Français, rappelle l’Agence de la transition écologique. Elle dynamise une filière en pleine mutation, portée notamment par l’essor du vélo à assistance électrique (VAE). Au-delà des retombées économiques, ses bénéfices sont également concrets pour la santé publique et la qualité de vie, en contribuant notamment à la réduction des nuisances sonores.

Une pratique en forte progression

La pratique du vélo connaît une progression continue en France depuis plus d’une décennie. En 2024, la fréquence d’usage du vélo s’est nettement intensifiée. Ainsi, le nombre de Français déclarant faire du vélo au moins une fois par semaine a doublé en 12 ans, passant de 12 % en 2012 à 24 % en 2024.

La part des déplacements domicile-travail effectués à vélo a aussi notablement progressé sur l’ensemble du territoire : de 2,2 % à 3,4 % entre 2017 et 2022. Cette hausse s’avère plus marquée dans les métropoles et communautés urbaines (passant de 4 % à 6,1 %), tandis qu’elle se situe à 2,5 % dans les communautés d’agglomération (contre 1,7 % en 2017).

La montée en puissance de la pratique s’appuie également sur l’amélioration des infrastructures. Les aménagements cyclables atteignent désormais 86 600 km en France (+ 14 % depuis 2022) et les capacités de stationnement ont progressé de 44 % en 3 ans, indique l’Ademe. Ce développement du réseau sécurisé et de solutions pratiques près des pôles de mobilité facilite les déplacements quotidiens et renforce la confiance des usagers. « Si le vélo conserve une dimension importante de loisir, son usage tend à s’inscrire de plus en plus dans la mobilité quotidienne des Français », se félicite l’Agence de la transition écologique.

Des bénéfices pour la santé, le climat et l’attractivité des territoires

L’utilisation croissante du vélo génère des bénéfices importants pour les territoires, souligne l’Ademe. À l’usage, il n’émet ni gaz à effet de serre ni polluants, contribuant à améliorer la qualité de l’air et à réduire les émissions liées aux déplacements. Il permet aussi d’atténuer le bruit urbain en se substituant en partie à des trajets motorisés.

De même, les bénéfices pour les individus se révèlent non négligeables, notamment sur la santé. Selon le rapport, en 2019, la pratique du vélo aurait permis d’éviter 1 919 décès prématurés et près de 6 000 maladies chroniques, grâce aux effets protecteurs de l’activité physique, générant un gain net estimé entre 3 et 14 mois d’espérance de vie. « Dans son ensemble, l’essor du vélo apparaît donc comme un levier puissant d’amélioration du bien‑être collectif, combinant santé publique, performance économique et qualité de vie », résument les auteurs de l’étude.

Une filière économique en restructuration

Ce nouveau rapport de l’Ademe complète son analyse des impacts socio-économiques de la pratique du vélo en France, précédemment étudiés en 2020. Il élargit le périmètre d’analyse à de nouveaux segments, notamment le marché du vélo d’occasion et la cyclologistique, encore émergente, afin de mieux quantifier les emplois, les chiffres d’affaires, les retombées territoriales et les bénéfices associés à l’économie du vélo.

De fait, l’économie du vélo constitue aujourd’hui un secteur structurant pour les territoires, mobilisant environ 64 000 équivalents temps plein à travers la production, la distribution, la réparation, les services, le tourisme et la cyclologistique, observe l’Agence de la transition écologique.

Cet essor s’accompagne d’une restructuration de la filière, portée notamment par la montée en puissance du vélo électrique et la diversification des activités et services. Si la production industrielle connaît actuellement un repli, le marché reste dynamique : la vente de vélos neufs, pièces et accessoires a atteint 3,1 milliards d’euros en 2024, dont 58 % liés aux VAE.

Opéré par l’Ademe, l’appel à projets France 2030 « Industrie du vélo » a permis de soutenir l’innovation et les capacités de production nationales pour accompagner la croissance du VAE. Les 38 bénéficiaires retenus ont reçu 31 millions d’euros d’aides. Cela permettra, par exemple, de relocaliser en France une production annuelle de 520 000 cadres et 315 000 moteurs à horizon 2030.

Parallèlement, les dépenses vélo des cyclistes augmentent, pour atteindre 3,29 milliards d’euros en 2024. Celles-ci restent toutefois plus faibles que celles consacrées à l’automobile, trente fois plus élevées pour les ménages et douze fois plus importantes pour la puissance publique. « Malgré cet écart, la tendance est claire : le vélo prend une place de plus en plus significative dans l’économie française comme dans les politiques de mobilité, soutenu par des usages en croissance et des filières en transformation », conclut l’Ademe.


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