Préserver les zones humides : des bénéfices multiples pour les collectivités

Développement durable

Limitation des inondations, régulation climatique, diversité biologique, espaces touristiques… : les collectivités doivent préserver les milieux humides pour leur importance environnementale et économique.

Urbanisation, construction d’infrastructures et développement de l’agriculture intensive ont conduit, depuis plusieurs décennies, au drainage et au remblaiement de nombreuses zones humides. À tel point qu’en France, depuis le début du XXe siècle, les deux tiers d’entre elles ont disparu. Or, les milieux humides présentent de nombreux atouts sociaux et économiques et permettent le développement d’activités créatrices d’emplois verts non délocalisables : chasse, agriculture, pisciculture, tourisme… En stockant l’eau dans le sol ou en surface (zones inondables, lacs, marais…), ils contribuent à maîtriser les crues en créant des espaces tampons. Les zones humides favorisent aussi l’épuration des eaux. Elles jouent également un rôle majeur face au changement climatique, grâce à leur capacité à stocker du carbone.

Réservoirs de biodiversité et d’eau, ces espaces sont protégés par la convention internationale de Ramsar. Leur disparition ou leur dégradation sont préjudiciables à la rétention des crues, à la biodiversité ou à l’attrait paysager, explique Alsace Nature dans un recueil présentant diverses expériences de restauration. Il est nettement préférable de préserver ou de restaurer les zones humides plutôt que de compenser leur perte.

Pour les collectivités, qui ont consenti des investissements élevés, les gains ont été « supérieurs à ceux escomptés grâce à la pluralité des bénéfices obtenus », dont certains n’étaient pas prévus au lancement du projet : amélioration de la qualité et de la quantité d’eau, image positive de la zone humide, conservation de biotope, capacités d’épuration, création de sentier pédagogique, activités de randonnée, développement de l’écotourisme, amélioration du paysage, soutien à l’élevage, obtention de labels…

Pour le programme d’action et de prévention des inondations (PAPI) de la Haute-Zorn, les frais engagés pour prévenir les inondations sont moins élevés que les dédommagements dus en cas de sinistre.

Marie Gasnier

 

Mulhouse : de l’eau potable pure sans traitement

Mulhouse, où l’eau s’était progressivement dégradée, a acquis des terrains sur le ban communal de Reiningue, de part et d’autre de la rivière. Afin de limiter la culture des champs et de reconstituer des prairies naturelles sur les zones de captage, 90 ha ont été enherbés. Les produits phytosanitaires et azotés, comme l’élevage, y sont interdits.

Dans neuf communes, 170 000 personnes sont désormais alimentées par une eau naturellement purifiée, puisée dans la nappe phréatique à 20 m de profondeur. Le long de la rivière, les terrains ont retrouvé un fonctionnement écologique naturel. Bilan : des bénéfices financiers énormes pour la commune, le traitement des eaux sur charbon actif, très onéreux, étant devenu inutile. La ville a obtenu le label « Eau de Source » en 2005.

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