Fonction publique : il faut « sortir d’une vision budgétaire »

Dialogue social

Les organisations syndicales de la Fonction publique appellent mardi 10 septembre 2019 le gouvernement à « sortir d’une vision budgétaire strictement comptable » et à « recentrer les débats en faveur d’un service public prenant en compte les besoins des usagers ».

« Pour nos organisations syndicales, il est urgent de sortir d’une vision budgétaire strictement comptable et de recentrer les débats en faveur d’un service public prenant en compte les besoins des usagers, les revendications des organisations syndicales et la situation des 5,5 millions d’agents », déclarent CFDT, CFTC, CGT, FA, FO, FSU, Solidaires et Unsa dans un communiqué commun.

La CFE-CGC, non signataire, dit préférer se « concentrer sur le lancement d’actions spécifiques, le texte de loi étant voté ».

Les huit autres syndicats réitèrent leur « opposition au contenu et à la philosophie » de la nouvelle loi de transformation de la fonction publique, promulguée le 7 août 2019.

Dans leur communiqué, les syndicats « réaffirment leur volonté d’un service public fort, doté des moyens humains et matériels nécessaires pour garantir l’accessibilité de tous les citoyens et le meilleur service rendu ».

Ils « confirment leur attachement à l’emploi statutaire et au principe de carrière, en opposition à une fonction publique précarisée telle que prévue dans la loi ».

Alors que les quelque 50 textes réglementaires émanant de la loi vont être discutés, les syndicats « appellent le gouvernement à aller au-delà de simples concertations pour s’engager dans un véritable dialogue social, constructif et sincère en faveur des agents et du service public ».

Ils espèrent des « échanges de fond, respectueux de chacun » sur des enjeux qui ne « doivent pas être contournés par des impératifs de calendrier ni être rendus inopérants par l’absence de tout espace réel de négociation ».

Pour les représentants FO de la fonction publique territoriale (FPT) la nouvelle loi de transformation de la fonction publique « s’acharne » sur les agents territoriaux, dont le gouvernement entend réduire le nombre de postes de 70 000 d’ici 2022. « La fonction publique territoriale est particulièrement ciblée à travers la loi », a déclaré Dominique Regnier, secrétaire général FO des services publics, lors d’un point presse à Paris.

Remise en question du temps de travail sans tenir compte des accords locaux, limitation du droit de grève par la mise en place d’un service minimum, suppression des conseils de discipline de recours… : pour ce responsable, la nouvelle loi n’est autre qu’« une boîte à outil idéale pour supprimer des dizaines de milliers de postes et remplacer une partie des fonctionnaires par des agents sous contrat », qui représentent déjà « 18 à 20 % » des fonctionnaires territoriaux, selon lui.

M. Regnier a annoncé une série de conférences interrégionales à partir de la semaine prochaine dans huit villes de France afin d’informer les agents sur la loi.

Votée fin juillet, la loi de transformation de la fonction publique a été promulguée le 7 août 2019. Le texte, qui concerne l’ensemble des 5,5 millions d’agents (État, hospitalière, territoriale), prévoit notamment un recours accru aux contractuels (déjà au nombre d’un million), des mobilités facilitées, un mécanisme de rupture conventionnelle à l’image du privé ou encore un dialogue social « simplifié » par suppression et fusion d’un certain nombre d’instances représentatives.

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