Île-de-France : les cantines des lycées vont passer à une tarification au quotient familial

Éducation

La région Île-de-France va adopter la première étape de la mise en place d’une tarification unifiée dans les cantines des lycées, basée sur le quotient familial, a annoncé mardi 10 décembre Henriette Zoughebi, vice-présidente en charge des lycées.

« Cette mesure sera adoptée lors de l’examen du budget 2014 », du 18 au 20 décembre prochain, « après une année d’expérimentation dans sept établissements », a ajouté Mme Zoughebi lors d’une conférence de presse, rappelant que c’était « une promesse de campagne ». « Quand on sait que certains élèves ne pouvaient plus manger à partir du 15 ou du 20 du mois, faute de pouvoir payer, c’est une question de justice sociale tout autant que de santé publique », a souligné la vice-présidente communiste.

Une étude de 2011 de l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme d’Île-de-France montre en outre que « les enfants issus de milieux les plus populaires mangent deux fois moins à la cantine que les enfants de cadres ». « Il faut arriver à une grille unique et c’est complexe car nous devons faire avec l’héritage de plusieurs milliers de prix différents » dans les 471 lycées publics franciliens, a fait valoir Mme Zoughebi.

« Le prix plancher serait de 1 euro, le prix le plus élevé de 4 euros, avec des tranches pour tenir compte des revenus des parents et ne pas pénaliser les revenus moyens », a-t-elle expliqué.

La mise en place du dispositif se ferait par tranches de 100 établissements, sur 5 ans, avec un démarrage à la rentrée 2014. « Nous présenterons un rapport en février avec des propositions tarifaires et le choix des lycées » retenus pour le démarrage de la réforme, a précisé la vice-présidente.

« Il faut qu’en 2015 (année des élections régionales) cela soit suffisamment avancé pour qu’il n’y ait pas de remise en cause possible », a-t-elle souligné.

La région Île-de-France sera la première région de France à mettre un tel système en place, a souligné le Front de Gauche. La ville de Paris a déjà un tel système dans les cantines des écoles, de même que les départements franciliens pour les collèges. Une compensation de la région pour ne pas pénaliser les établissements ayant beaucoup d’élèves payant le tarif le plus bas est prévue, elle pourrait être « en année pleine entre 30 et 40 millions d’euros, quand tous les établissements appliqueront cette nouvelle tarification », a avancé Mme Zoughebi.

Le groupe UDI a fait valoir qu’il  proposait cette mesure « depuis une dizaine d’années », se réjouissant de la voir « reprise par la majorité régionale » tout en regrettant qu’elle « soit étalée dans le temps, cela la fragilise ».
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Posté le par Rédaction Weka

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