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Solidarités : France urbaine peaufine ses propositions pour la présidentielle

Publié le 2 février 2022 à 11h30 - par

L’association des élus des métropoles, des agglomérations et des grandes villes prépare sa contribution définitive destinée aux candidats à l’élection présidentielle.

Solidarités : France urbaine peaufine ses propositions pour la présidentielle

Pour alimenter l’adresse de France urbaine à l’attention des candidat(e)s à l’élection présidentielle, les membres de sa commission « Solidarités, lutte contre les inégalités et la pauvreté » se sont réunis le 18 janvier 2022, sous la houlette de Florence Thibaudeau-Rainot, adjointe au maire du Havre et co-présidente de la commission. L’occasion de partager les enjeux et ressentis des acteurs de proximité que sont les grandes villes, les agglomérations et les métropoles.

Priorité à la prévention

Alors que la crise sanitaire perdure, les élus des grandes villes, agglomérations et métropoles pointent l’afflux de nouveaux publics, dont les jeunes et les travailleurs précaires. Ils observent également un phénomène de rattrapage, du fait des ruptures ou retards dans l’accès aux droits durant l’année 2020, qui se conjuguent à l’accroissement des difficultés sociales, la complexification des parcours et un déficit d’attractivité de la fonction publique, notamment dans le secteur social et médico-social. Aussi, les collectivités sont régulièrement contraintes de privilégier des politiques curatives et de réparation au détriment des politiques de prévention, « qui devraient pourtant être au cœur des politiques de solidarité ».

Un accompagnement global difficile à mettre en œuvre

Les élus font un constat unanime : les situations sont trop souvent traitées en aval, à un moment du parcours des personnes où l’accompagnement devient plus complexe et multiforme. Les outils de cet accompagnement font parfois défaut et remettent en cause l’efficacité des politiques d’insertion, déplore France urbaine : manque de logements pour stabiliser certaines situations, en dépit des démarches engagées autour de la stratégie du Logement d’abord ; accès insuffisant à une prise en charge sanitaire, en particulier sur le champ de la santé mentale. Les élus pointent également les défauts d’une dématérialisation manquée des démarches. Les acteurs territoriaux peinent ainsi à garantir seuls l’ouverture des droits, face à un phénomène de transfert provoqué par la fermeture partielle ou totale des guichets physiques sur certains territoires (Caisse d’allocations familiales, Pôle emploi, caisses de retraite…), que ne parvient pas à compenser, à ce jour, le déploiement des espaces France services.

Pour des solutions proches du terrain et différenciées

Se voulant porteurs de solutions, les territoires plaident pour des institutions facilitantes et proches du terrain et formulent des propositions :

  • Mettre un terme à l’enchaînement de programmes nationaux qui, faute d’adaptation territoriale et de vision de long terme, ne permettent pas l’élaboration d’une politique publique globale et adaptée à chaque territoire ;
  • Renforcer l’animation territoriale des dispositifs ;
  • Déconcentrer les crédits ;
  • Faciliter la fongibilité des moyens ;
  • Penser au niveau territorial, avec l’ensemble des acteurs de l’accès aux droits, de véritables logiques de parcours lisibles, opérationnelles et concertées.

« Il s’agit ainsi de faire atterrir les discours valorisant l’innovation, le design et l’approche usager et de garantir son impact réel sur le vécu des personnes et des professionnels », insiste France urbaine. L’association dénonce la multiplication des comités de pilotage, la juxtaposition des dispositifs de coordination (service public de l’insertion et de l’emploi, cités pour l’emploi, cités éducatives, contrat d’engagement des jeunes…), le foisonnement des appels à projet et l’élaboration d’applications et plateformes dans des domaines de plus en plus nombreux, qui, certes, « traduisent un certain volontarisme mais sont également le reflet d’une méthode d’intervention insuffisamment coopérative, transversale et territorialisée. » Selon France urbaine, le dilemme entre l’action verticale, descendante, uniforme, visant la standardisation, et une action plus différenciée dans un paysage multi-acteurs et multi-canal, visant l’adaptation aux besoins singuliers de chaque territoire n’est pas pleinement résolu, comme le montre le récent rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) évaluant les conventions d’appui à la lutte contre la pauvreté et l’accès à l’emploi.

France urbaine défend également la mise en œuvre de solutions différenciées et localisées, les ressources et enjeux de chaque territoire nécessitant une approche ciblée. « Aussi, l’objectif d’une expérimentation n’est pas nécessairement, prioritairement, l’essaimage et la généralisation, mais de garantir, en premier lieu, la réponse aux besoins des publics d’un territoire donné », soutient l’association.

La commission « Solidarités, lutte contre les inégalités et la pauvreté » se réunira le 9 février pour examiner la version définitive de la contribution de France urbaine et dessiner sa feuille de route pour l’année 2022.