La Banque Postale analyse les comptes 2025 des départements

Publié le 8 septembre 2026 à 14h50 - par

La situation des finances départementales s’est moins détériorée en 2025 que l’année précédente, observe la Banque Postale.

La Banque Postale analyse les comptes 2025 des départements
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La Banque Postale a présenté, le 3 septembre 2026, l’édition 2026 de son portrait financier des départements, avec une analyse des réalisations 2015 à 2025 et des prévisions budgétaires 2022 à 2026. Intitulée « Regard financier sur les départements », cette étude annuelle détaille et analyse les comptes de l’année 2025. « Après deux années marquées par une forte baisse des recettes des droits de mutation à titre onéreux (DMTO) et de l’autofinancement des départements, 2025 marque une accalmie », indique la Banque Postale.

Un léger mieux en 2025

La situation des finances départementales s’est donc moins détériorée en 2025 qu’en 2024. En complément du rebond des DMTO, une progression moins dynamique des dépenses de fonctionnement que les années précédentes est observée, notamment sous l’effet d’une moindre inflation. Pour partie en lien avec la dégradation de leur situation en 2023 et 2024, les départements ont vu leurs investissements diminuer en 2025 (de l’ordre de 7 % à 9 % par rapport à 2024).

À champ courant, les dépenses de fonctionnement des conseils départementaux ont augmenté d’environ 1 % entre 2024 et 2025. À partir de mi-2025, l’expérimentation de la fusion des sections soins et dépendance des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et unités de soins de longue durée (USLD) par 23 départements est venue minorer l’évolution des dépenses et recettes de fonctionnement, d’environ 300 millions d’euros dans les deux cas.

À champ constant, la hausse des dépenses de fonctionnement s’est établie à 1,5 % pour les conseils départementaux. Différents domaines sur lesquels l’inflation des années précédentes a fortement pesé enregistrent, au contraire, et potentiellement dans une forme de compensation, des évolutions plus faibles que l’ensemble des dépenses de fonctionnement, avancent les auteurs de l’étude. Il en est ainsi des charges :

    • de personnel (22,1 % des dépenses de fonctionnement), qui ont augmenté d’un peu plus de 1 % entre 2024 et 2025, et ce en dépit de la hausse des cotisations patronales à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) et à l’assurance maladie ;
    • à caractère général (6,6 % des dépenses de fonctionnement), dont la diminution marquée (environ -6 %) est notamment tirée vers le bas par les dépenses d’énergie ;
    • relatives aux collèges (1,5 % des dépenses de fonctionnement), dont la baisse s’est établie à 4,5 % ;
    • financières, les frais financiers (1,1 % des dépenses de fonctionnement) ayant reculé de 2,3 % à l’échelle des départements.
    • À l’inverse, parmi les éléments tirant vers le haut l’augmentation des dépenses de fonctionnement, il y a celles dédiées aux services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), avec + 2,5 % entre 2024 et 2025. Mais la composante dont la contribution à la croissance des dépenses de fonctionnement a été la plus marquée est aussi celle dont le poids est le plus important : les dépenses d’action sociale qui concentrent 53 % des dépenses de fonctionnement. À champ courant, elles ont progressé de 2,8 % et même, à champ constant (c’est-à-dire à la suite du retraitement de l’expérimentation de la fusion des sections soins et dépendance des Ehpad et USLD), de 3,6 %. Au sein des dépenses d’action sociale, des trois allocations individuelles de solidarité, c’est la prestation de compensation du handicap (PCH) qui est toujours la plus dynamique, avec + 8,6 %. « Il s’agit d’un constat observé depuis plusieurs années », pointe l’étude.

Parallèlement, le rebond des DMTO a atténué en 2025 les conséquences de l’effet ciseaux observé les années précédentes. Ainsi, après deux années de nette diminution (de l’ordre de – 20 % en 2023, prolongée par – 12 % en 2024), les produits de DMTO ont connu une augmentation d’environ 17 % à 18 % entre 2024 et 2025. Sous l’effet du rebond des DMTO, l’épargne a progressé l’an dernier, sans toutefois retrouver le niveau des années précédant 2024. Enfin, l’encours de dette a augmenté d’environ 6 % en 2025, « mais le délai de désendettement s’améliore dans le sillage de l’épargne brute », souligne l’étude.

Des perspectives incertaines pour 2026

« Cette amélioration, qui pourrait rester fragile, redonne temporairement un peu d’air aux finances départementales », commente la Banque Postale. Pour l’instant, les perspectives pour 2026 semblent se situer dans le prolongement de 2025. Les DMTO s’avèrent assez dynamiques depuis le début d’année (+ 7 % par rapport aux sept premiers mois de 2025), ce qui favoriserait une augmentation de l’épargne brute. De fait, grâce à ce dynamisme des DMTO, l’épargne brute budgétée serait en progression d’environ 20 % entre les budgets primitifs (BP) 2025 et 2026, annonce l’étude. Cependant, plusieurs éléments sont susceptibles de contrecarrer cette progression budgétée, telle l’évolution des DMTO pour la fin de l’année ou encore l’impact plus ou moins inflationniste des dépenses d’action sociale, tempèrent ses auteurs.

Enfin, la diversité des situations financières entre départements est un thème traité chaque année dans cette publication et enrichi d’édition en édition. Ce souhait provient notamment du constat suivant : si cette disparité s’observe facilement, elle s’explique beaucoup plus difficilement. Les caractéristiques des départements considérés comme les plus en difficulté financière apparaissent à nouveau très variées en 2025, précise ainsi la Banque Postale.


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