La BPI va investir 12 milliards d’euros en direct et via des fonds d’ici 2017

Finances locales

La Banque publique d’investissement va investir environ 12 milliards d’euros d’ici à 2017 dans les entreprises françaises, en direct ou via des fonds d’investissement, a affirmé mercredi 15 mai son directeur général Nicolas Dufourcq lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

« Nous avons une activité d’investissement en direct dans le capital des entreprises françaises », a expliqué M. Dufourcq en présentant la doctrine d’intervention de son institution devant la commission des Finances, des Affaires économiques et du Développement durable de l’Assemblée nationale. « Nous avons une seconde activité qui est une activité d’investissement dans des fonds d’investissements qui eux-mêmes investissent dans le capital des entreprises françaises », a-t-il poursuivi.

« Dans l’activité du direct, nous avons l’intention entre 2013 et 2017 d’investir un peu plus de 9 milliards d’euros », a-t-il précisé dont 1,7 milliard dans le pôle petites et moyennes entreprises (PME) par des tickets de 500 000 à 4 millions d’euros, 500 millions dans le capital-risque et enfin 7 milliards dans les grosses PME et des opérations exceptionnelles dans des grandes entreprises.

« L’activité fonds de fonds devrait représenter dans les années qui viennent 2,7 milliards d’euros », a-t-il poursuivi. Concernant la doctrine, M. Dufourcq a souligné que la BPI investissait « en minoritaire » mais excluait de le faire dans les secteurs de la presse, des instituts de sondage, de l’immobilier, de la banque et des infrastructures. Les secteurs couverts par la BPI sont les biotechnologies, la transition écologique, internet, les maladies rares, le capital risque intensif, qui permettra d’investir des tickets de 10 à 50 millions d’euros dans « des entreprises qui soudainement explosent parce que leur technologie a été validée », a-t-il précisé. Le tourisme a été intégré dans son périmètre d’intervention.

Les entreprises ciblées par la BPI seront les TPE, les PME, les ETI (entreprises de taille intermédiaire) et « exceptionnellement les grandes entreprises », a décliné M. Dufourcq. « L’objet, c’est TPE, PME et ETI. C’est faire des PME avec des TPE et faire des ETI avec des PME », a-t-il expliqué.
 
Entreprises en difficulté. Mais la BPI pourra également venir en aide à des entreprises en difficultés, mais uniquement « en soutien à des repreneurs ». « Nous intervenons également dans le domaine du retournement (…) en soutien des repreneurs. Nous sommes des architectes qui sont là pour aider d’une certaine manière les pompiers. Mais nous ne sommes pas les pompiers nous-mêmes », a-t-il assuré.

« Soit nous accompagnons des repreneurs, soit nous finançons des fonds d’investissement spécialisés dans le retournement », a-t-il expliqué. « L’un des rôles de BPI France est d’animer, voire construire une profession française du capital retournement privé ».

Les objectifs de rendement sont conformes à ceux de la CDC entreprise, soit 2 %, et du Fonds stratégique d’investissement (FSI), de 6 %. Ces taux sont conformes à la mission d’intérêt général confié à la BPI, a souligné M. Dufourcq.

Les exceptions à cette doctrine seront « discutées et validées en conseil d’administration et devront faire l’objet d’une décision unanime des actionnaires », a assuré M. Dufourcq.

Enfin, les décisions seront en majorité prises en région, a indiqué M. Dufourcq, en assurant que les 22 directeurs régionaux de la BPI seront nommés d’ici au 3 juin au soir. Répondant aux critiques qui ont relevé qu’il était difficile de joindre la BPI par téléphone, il a indiqué que les numéros de téléphone des régions seraient identiques à ceux de la banque publique d’aide aux PME Oséo aujourd’hui.
 

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