Les agents de Bretagne sont peu mobiles entre les trois fonctions publiques

Fonction publique

L’Insee analyse le contexte de la fonction publique en Bretagne. Deux tiers des agents publics y exercent un métier présent dans au moins deux des trois fonctions publiques, ce qui pourrait renforcer les demandes de changement de poste.

Un quart des salariés bretons travaillent pour l’un des trois versants de la fonction publique (État, Territoriale et Hospitalière), précise une note d’analyse de l’Insee*. Ces 284 700 agents publics ont un poids un peu plus élevé que la moyenne nationale métropolitaine, soit 25 % contre 23 %. Une différence principalement due à une grande concentration d’agents du ministère de la Défense en Bretagne. Comme dans les autres régions, les agents de la fonction publique sont en majorité des femmes – ce qui n’est pas le cas en Île-de-France.

Les agents sont aussi un peu plus qualifiés que dans les autres régions. Ils sont concentrés dans les communes urbaines, notamment dans les préfectures, où sont situées les fonctions administratives. Mais on relève des contrastes territoriaux entre départements et entre zones d’emploi. En effet, le taux d’administration est plus élevé dans les zones d’emploi où siège une préfecture. Hors emplois militaires, Rennes et Quimper comptent ainsi chacune 93 agents de la fonction publique pour 1 000 habitants, alors qu’il ne sont que 87 à Saint-Brieuc et 77 à Vannes.

Par ailleurs, en Bretagne, la fonction publique d’État est davantage présente (45 % des emplois publics) que la fonction publique territoriale (FPT, 33 %) et la fonction publique hospitalière (FPH, 22 %). En cause, là encore : la présence du ministère de la Défense, associée à d’importants effectifs de la Marine nationale et au maintien d’équipes dans les directions départementales des territoires et de la mer (DDTM), dû à la présence de nombreuses côtes littorales.

Avec 92 600 agents, la FPT présente un taux d’administration inférieur à la moyenne française (28 agents pour 1 000 habitants), variable selon les territoires : les zones d’emploi de Quimper (39 pour 1 000 habitants) et de Saint-Brieuc (42 pour 1 000 habitants), où siègent les conseils départementaux du Finistère et des Côtes-d’Armor, se détachent.

Quant à la FPH, elle emploie 63 600 agents, soit autant que la moyenne de province (19 pour 1 000 habitants). Ils travaillent principalement à Morlaix ou Pontivy, qui possèdent un hôpital.

L’Insee note que le renouvellement des effectifs bretons provient principalement de recrutements ou d’une mobilité géographique mais qu’il y a peu de passerelles entre les trois fonctions publiques : 900 mouvements seulement enregistrés en 2013. Motifs : diversité des statuts, des grades et des régimes indemnitaires, et méconnaissance des possibilités offertes. Développer la mobilité entre fonctions publiques représente donc un enjeu en Bretagne, d’autant plus que les deux tiers des emplois publics y relèvent d’une filière présente dans au moins deux des trois versants. Cette transversalité constitue un levier potentiel pour accompagner la mobilité des agents.
 

Marie Gasnier

 
* Source : En Bretagne, deux tiers des agents publics exercent un métier présent dans au moins deux des trois fonctions publiques, Insee Analyses Bretagne numéro 41, juin 2016

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