Marseille : la métropole reste d’actualité mais les élus sont toujours contre

Intercommunalité

La métropole marseillaise reste « à l’ordre du jour », a affirmé mardi 11 septembre la ministre de la Réforme de l’État Marylise Lebranchu au sortir d’une réunion à Marseille avec les présidents de six intercommunalités des Bouches-du-Rhône, qui eux se sont dits toujours « contre »  le projet.

« Il n’y a pas eu de bagarre du tout », a déclaré Mme Lebranchu qui a rencontré en préfecture les élus locaux avec le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. « Le fait d’avoir une grande métropole est toujours à l’ordre du jour, c’est ça le grand projet qui est au cœur de nos discussions », a-t-elle ajouté, assurant « qu’un Premier ministre qui passe 48 heures ou pratiquement sur un territoire fait avancer le dialogue ». « Ce qui est intéressant, c’est de voir qu’un Premier ministre qui passe 48 heures ou pratiquement sur un territoire, fait avancer le dialogue ».

À son arrivée à Marseille lundi, M. Ayrault avait affirmé vouloir « relever le défi » de la métropole phocéenne, dont il prône la mise en place entre les intercommunalités de Marseille, Aix, Aubagne, Martigues, Salon-de-Provence et Istres pour aider à redresser la deuxième ville de France.

« Il faudra une nouvelle loi. Quand on a à structurer de grands pôles de cette ampleur – on a parlé de Paris, Lyon ou Marseille -, effectivement il faut des textes spécifiques », a poursuivi la ministre, précisant que le gouvernement était pour l’heure dans « une phase de discussion et de médiation ».

« On n’a pas haussé le ton, on a simplement dit que nous étions contre la métropole. On est content de la méthode, M. Ayrault a dit qu’il n’imposerait rien, Mme Lebranchu a été dans une grande écoute. Pour autant est-ce qu’on est d’accord pour rentrer dans la métropole ? Non bien sûr », a commenté de son côté la présidente UMP de la communauté du Pays d’Aix, Maryse Joissains. « Ce que nous avons retiré, et qui est extrêmement important pour nous, c’est que, à aucun moment, on ne parle d’absorption. Il n’est absolument pas question d’hégémonie quelconque. Et ce sur quoi nous allons continuer de nous battre, c’est sur la gouvernance et les moyens financiers », a-t-elle souligné.

Même son de cloche chez Gaby Charroux, président communiste de l’agglomération de Martigues. « Comme on n’est pas d’accord, on le dit. Avec amitié, mais fermement (…) On n’est pas d’accord pour qu’il y ait une fusion de toutes les communautés d’agglomération dans une métropole », a indiqué l’élu, précisant que « tous les présidents d’agglomérations sont porteurs d’à peu près la même position », sauf « le président de la communauté urbaine de Marseille (le socialiste Eugène Caselli) qui a une position complètement différente ».

« Le Premier ministre nous a dit et redit qu’il ne venait pas avec un projet ficelé et que l’organisation administrative – métropole, pôle métropolitain (la solution que préconisent les présidents d’intercommunalités voisines de Marseille) – n’était pas arrêtée. Et il ne dit pas qu’il veut nous l’imposer par la loi », a insisté M. Charroux.

« Il faut que la métropole soit un outil d’architecture de nos territoires », a maintenu pour sa part M. Caselli. « On peut créer une organisation multipolaire mais avec un organisme central qui s’appellerait métropole pour gérer l’essentiel », a-t-il dit, en se disant « optimiste » pour la suite.

 

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