Paris métropole a besoin d’objectifs stratégiques

Intercommunalité

Selon Patrick Devedjian, président du syndicat de Paris métropole, la création de la métropole parisienne dépend de trois questions majeures : les compétences stratégiques, la gouvernance et la gestion de proximité.

Malgré une grande complexité et un manque de maturité du projet actuel, la métropole du Grand Paris sera officiellement créée le 1er janvier 2016. Date qui ne pourra pas être décalée pour plusieurs raisons, a expliqué Patrick Devedjian, président du syndicat mixte d’études de Paris métropole, le 15 avril, lors d’une rencontre organisée par la mission Ecoter. D’abord, ce serait une défaite pour l’actuel gouvernement. Ensuite, en janvier 2017, la campagne présidentielle battra son plein. Enfin, en cas d’alternance politique, le projet peut être totalement modifié, et reporté pour une durée indéterminée. Dans tous les cas, avec l’arrivée d’un nouveau gouvernement, le projet ne sera plus le même. Or, la création d’une institution permanente « est trop grave pour obéir à des aléas politiques », estime le président de Paris métropole.

Tourisme, économie, création d’emploi, innovation et recherche : l’agglomération parisienne est l’un des territoires mondiaux les plus attractifs. Mais avec une compétition mondiale accrue entre métropoles, le grand Paris n’aura un rôle stratégique que si l’État lui décentralise des compétences stratégiques, a martelé Patrick Devedjian.

Selon lui, l’utilité de la métropole est la clef. Le premier projet visait à pallier le manque de construction de logements en région parisienne, ce qui a soulevé un tollé chez les élus. Le deuxième argument était faible : tous les pays créent des métropoles pour avoir une visibilité internationale. Enfin, la simplification administrative a été invoquée, en supprimant les départements parallèlement à la création de la métropole. Mais il s’est avéré plus facile de les conserver…

Dans ses deux premiers projets, le gouvernement transférait à la métropole les compétences des communes (conservatoires, crèches, piscines…) qui demandent une très grande proximité, et sont impossibles à gérer à l’échelle de près de sept millions d’habitants. Or, la métropole doit répondre à des objectifs plus importants, estime Patrick Devedjian. Ainsi, une étude d’opinion de la mission de préfiguration a montré que le transport était la première préoccupation des habitants, qui plaçaient le logement en sixième seulement. Mais la métropole n’a aucune compétence en matière de transport ; elle est partagée entre la région (Syndicat des transports d’Île-de-France) et l’État (Société du Grand Paris).

Face à une compétition historique de deux siècles avec Londres, qui concentre deux fois plus d’investissements internationaux, Paris a perdu son attractivité. Il conviendrait notamment d’organiser et de structurer la métropole pour cette concurrence.

 

La métropole du Grand Paris

La métropole du grand Paris regroupe sept millions d’habitants dans 124 communes (Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne).

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