Adopter des politiques « temporelles »

Management

Télétravail, service public, travail dominical, égalité… Les collectivités peuvent agir sur la gestion du temps de différentes manières. Objectif : agir sur la désynchronisation du temps pour améliorer la qualité de vie.

Les politiques « temporelles » ont pour but d’améliorer la qualité de vie, en évitant que le sentiment de manque de temps prenne le pas sur nos existences, et afin de faciliter le « vivre ensemble ». En effet, les profonds bouleversements de ces dernières décennies ont pu conduire à une désynchronisation de la société : allongement de la durée de vie, diminution du temps de travail, horaires de travail atypiques, passage à une économie de services, augmentation de l’emploi salarié féminin, développement des technologies de l’information… Les temps de chacun deviennent « multiples, différenciés, concurrents, inégaux ».

Les politiques temporelles se retrouvent dans de nombreux domaines : égalité entre hommes et femmes, mobilité, accès aux services publics. Selon Edmond Hervé, sénateur d’Ille-et-Vilaine, elles doivent être intégrées au débat économique des territoire : télétravail, formation professionnelle tout au long de la vie, horaires et jours d’ouverture des commerces…

Auteur d’un rapport, adopté le 20 mai par la délégation aux collectivités territoriales du Sénat, il émet diverses propositions, élaborées notamment à partir du retour d’expérience d’une vingtaine de collectivités, associations et personnalités, précurseurs en la matière.
 

Espace et temps

Après avoir consulté des experts pour connaître les besoins et les attentes des citoyens, une autorité politique (exécutif d’une collectivité, préfet, chef d’entreprise) doit être à l’origine de l’adoption des politiques temporelles. Les agents en charge de cette compétence devraient être rattachés à un service permettant la transversalité. En outre, selon le rapport, la notion de politiques temporelles devrait aussi être fixée dans un programme et intégrée aux délégations de services publics, contrats et cahiers des charges.

Comme l’aménagement de l’espace, le temps devrait faire partie des attributions du commissariat général à l’égalité des territoires (CGET). Le rapport propose que les dérogations à l’interdiction du travail dominical, actuellement limitées à cinq dimanches par an, soient augmentées, tout en réaffirmant la spécificité du dimanche et que les décrets d’application relatifs au télétravail soient publiés.

Le gouvernement pourrait aussi lancer une campagne d’information et de sensibilisation sur les questions temporelles avec les grandes associations d’élus.

Enfin, les politiques temporelles étant fondées sur l’innovation et l’expérimentation, il conviendra d’évaluer les actions qui auront été menées.

Martine Courgnaud – Del Ry

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