« La gestion des RH est la clef de réussite d’un projet politique quel qu’il soit »

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DRH en mairie pendant une douzaine d’années et à la tête du cabinet AB conseil depuis 2008, Anne Batailler nous présente le service documentaire Pratique des RH territoriales, à paraître aux Éditions Weka, dont elle est la coordinatrice.

Weka : Anne Batailler, qu’est-ce qu’AB Conseil ?

Anne Batailler : C’est un cabinet conseil en RH que j’ai créé en 2008. Nous faisons de l’étude, conseil, accompagnement auprès des collectivités essentiellement, recouvrant l’ensemble du champ des ressources humaines et de ses problématiques. Pour donner un ordre de grandeur, notre plus gros client est un conseil général, le plus petit est un village de 120 habitants.
 

Weka : Pourquoi avez-vous souhaité participer à Pratique des RH territoriales ?

Anne Batailler : Parce que j’ai des convictions quant à ce monde et à ses évolutions à venir. Je suis atterrée par les écoles de fonctionnaires, fabriques à ronds de cuir, à l’heure où la créativité, l’audace vont être de plus en plus nécessaires. Trop souvent, le statut est une finalité en soi. Or, on ne plaque pas du droit sur des gens. Il faut bien plus que cela.
 

Weka : En quoi consiste ce service documentaire ?

Anne Batailler : Lorsque, par exemple, on est confronté à un agent ivre, on ne trouve aucune réponse, aucune solution dans les statuts. Il n’y a pas de texte. C’est pourtant une situation assez fréquente. Comment répondre à des préoccupations pratiques : recruter, récompenser, punir, encourager, protéger, etc. ? C’est tout le concept de ce service documentaire : identifier les contraintes juridiques et apporter un conseil pratique basé sur l’expérience.

Comme ancienne DRH, je pourrais écrire un livre sur les situations auxquelles j’ai été confrontée et où le droit n’apportait pas de solution. Il n’y a pas de manuel, et nous avons parfois besoin d’être tutorés. Ici, nous apportons un dénouement quasi-instantané aux situations que les services RH affrontent quotidiennement. Chaque fiche présente l’aspect juridique et l’aspect pratique de son thème avec des conseils et des erreurs à éviter.
 

Weka : À qui s’adresse-t-il, qui en sont les auteurs ?

Anne Batailler : Il s’adresse aux DRH bien sûr mais aussi à l’ensemble des gestionnaires RH, en charge de la paie, de la formation, etc. Les auteurs sont tous des praticiens, responsables de communication interne, DRH, experts en hygiène, en recrutement… des gens habitués à résoudre des situations.

Par exemple, sur la rémunération, nous avons une fiche relative à l’instauration d’une prime de 13e mois et une autre relative à la mise en place de l’intéressement collectif. Les deux font partie d’un chapitre intitulé « Mettre en place une politique salariale attractive ». L’idée est de sortir des chemins, de montrer que tout n’est pas cadré dans la politique salariale, qu’il existe une marge de manœuvre.

Weka : Dans quel contexte sort-il ?

Anne Batailler : La masse salariale est aujourd’hui l’enjeu stratégique financier majeur. La gestion des RH est la clef de réussite d’un projet politique quel qu’il soit. Même les collectivités qui avaient il y a quelques temps encore une marge de manœuvre, telles les départements, n’en ont plus. Plus que jamais, les collectivités territoriales ont besoin de s’appuyer sur des choses pratiques prenant en compte les coûts, personne n’est épargné. Or, chaque fiche prend ici en compte une logique financière comme priorité.
 

Weka : Vous avez-vous-même rédigé une partie de Pratique des RH territoriales, pouvez-vous nous la présenter ?

Anne Batailler : C’est la partie relative aux contentieux et à la discipline. Quelque chose qui se développe énormément. Pendant longtemps, la discipline c’était la gestion « à la papa », bienveillante vis-à-vis des agents. Cette pratique a aujourd’hui disparu, l’arsenal disciplinaire est désormais utilisé, parfois trop. Il faut savoir se situer entre l’inaction et la sanction brutale. Et dès qu’il y a mesures disciplinaires, il y a forcément plus de contentieux.

La gestion des effectifs publics, c’est après l’urbanisme la première cause de recours administratifs. Or, tout le monde n’a pas la compétence pour rédiger des recours en contentieux. C’est quelque chose que j’aime faire, car c’est très juridique, et permet de rester au fait du droit. La bonne sanction restant celle qui est comprise par l’agent et l’incite à ne pas reproduire le fait qu’on lui reproche.

 

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