L’évolution du management public

Management

Le management public est une conception moderne du secteur public qui se heurte aux habitudes assimilables au fonctionnement bureaucratique traditionnel. Il va certainement connaître un véritable tournant en 2015 avec l’adoption de la loi « NOTRe ».

En France, la réforme de la fonction publique territoriale par le management est un chantier particulièrement difficile. Pourtant le management public s’est progressivement imposé comme le moyen de placer une administration analysée en crise, sur l’axe de la performance. La juxtaposition de plus en plus courante des termes « management » et « public » cristallise cependant encore des débats et des réactions aux positions radicales car les valeurs idéologiques qui sous-tendent la notion de management public font de celui-ci un sujet aussi intéressant que complexe. Prosaïquement, le management peut être désigné par la réponse à la question « que faire et comment ? ».

Le rôle des managers public est en pleine évolution

Les cadres sont amenés à jouer un rôle clé dans la conduite du changement. Les théories du nouveau management public encouragent à leur responsabilisation et à leur professionnalisation, ainsi qu’à leur passage du statut de « gestionnaires encadrants » à celui de managers. Par ailleurs, on attend d’eux qu’ils insufflent cette conception nouvelle des administrations au sein de leurs équipes. La conception du rôle et des qualités des managers publics – à la fois moteurs et objets du changement – est de ce fait en pleine évolution.

Parmi les leviers qui identifient le manager public par rapport au manager privé, il peut être cité le souci d’intérêt général et de service à une population, qui est primordial dans la motivation des agents à travailler au sein des administrations. Le management public souffre toutefois d’un manque évident de lisibilité et de sens global du changement ressenti par les agents de terrain. Il se heurte aussi régulièrement aux procédures administratives relativement lourdes et contraignantes au quotidien, assimilables au fonctionnement bureaucratique traditionnel.

Ces contraintes ont un effet démobilisateur sur les agents, qui estiment consacrer beaucoup de temps aux activités concernant la « mise en forme » et le respect des procédures par rapport aux activités concernant l’essence de la mission pour laquelle ils ont été mandatés. Elles ne sont pas ressenties comme totalement négatives mais également comme garantes de l’égalité d’accès au service public. Les fonctionnaires se jugent motivés par une conception moderne du secteur public, mais font le constat d’une culture administrative marquée toujours par les habitudes et la crainte du changement.

Le sentiment d’impuissance des managers publics

Le travail de motivation du manager public est rendu ardu par le manque, voire l’absence, de leviers concrets d’actions. Une des seules marges de manœuvre possible réside dans l’attribution de jours de repos pour récompenser un investissement poussé, là où les agents préfèreraient un impact financier, surtout pour les postes de catégorie C, qui ont des salaires relativement faibles et travaillent souvent à temps partiel.

Ainsi les managers ont un sentiment d’impuissance, de frustration, dans la différenciation des carrières et la récompense des mérites. Leur travail de motivation repose donc davantage sur la mobilisation autour de valeurs de service public que sur des leviers d’incitation personnelle ayant une influence directe sur la reconnaissance de l’agent. C’est un véritable frein au management car il leur faut compter sur la bonne volonté des agents managés et leur capacité à se motiver eux-mêmes, ce qui engendre une incertitude supplémentaire et le sentiment de ne pouvoir agir que partiellement sur l’environnement professionnel.

Cependant le glissement d’une culture de la notation à une culture d’évaluation favorise le management public. La rémunération liée aux performances semble également sur le principe être une bonne idée pour contribuer au développement du management, mais les critères de son application dans la sphère publique sont jugés extrêmement délicates. Par ailleurs, il est probable qu’une telle mesure engendre des effets pervers, comme des tensions qui s’avèreraient davantage sources de baisse de productivité que de motivation.

Le manager public doit aujourd’hui être capable d’évoluer dans un environnement complexe et savoir traduire une vision politique en actions concrètes, rendant la détermination de ses objectifs compliquée. Le management public ne pourra s’implanter avec succès et sérénité que dans une administration à la culture profondément transformée, tout un chantier en perspective.

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