Salaires des fonctionnaires : pas de dégel du point, du « sur-mesure » selon Amélie de Montchalin

Rémunération

La nouvelle ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, Amélie de Montchalin, n’a annoncé aucun dégel du point d’indice lors de son premier rendez-vous salarial avec les syndicats de fonctionnaires vendredi 24 juillet 2020, préférant faire du « sur mesure » avec des actions ciblées sur les bas salaires et les inégalités femmes-hommes.

Lors d’un point presse à l’issue de la réunion, la ministre a souligné que « le contexte de la crise du Covid-19 nous oblige à être efficaces et concentrés et à répondre en priorité aux questions urgentes ».

C’est ainsi que le « Ségur » a débloqué 8,2 milliards d’euros pour les salaires des personnels hospitaliers, soit au total à 1,8 million de salariés. Les pompiers (prime de feu), les policiers et les chercheurs ont également bénéficié de mesures spécifiques. La ministre a écarté toute mesure générale, observant que « l’augmentation du point d’indice valorise beaucoup la catégorie A et très peu la C » (la moins bien dotée).

La CGT dénonce un « manque d’ambition », FO exprime une « déception immense », et même les réformistes CFDT et Unsa jugent « très insuffisantes » les mesures annoncées au regard de l’enjeu.

Le salaire net moyen dans la fonction publique d’État a baissé de 1,2 % en 2018 selon une analyse de l’Insee publiée en début de semaine. Tous statuts confondus, le salaire net moyen des agents de l’État s’élevait à 2 573 euros par mois en 2018, en baisse de 1,2 % en euros constants par rapport à 2017.

Cette baisse du pouvoir d’achat des fonctionnaires s’explique par le regain d’inflation en 2018, mais aussi par l’absence de revalorisation du point d’indice (à l’exception des 0,6 % de juillet 2016, puis de février 2017 sous le quinquennat Hollande). Elle est aussi due au gel pour une année du protocole sur les parcours, carrières et rémunérations (PPCR) et au rétablissement du jour de carence.

La ministre a annoncé à cet égard que le PPCR serait mené à bien en 2021 (soit 550 millions d’euros de dépenses après 850 millions en 2020).

Elle a également assuré reconduire la garantie individuelle de pouvoir d’achat (GIPA) « jusqu’à la fin du quinquennat » et pris l’engagement que l’indemnité compensatrice de la hausse de la CSG serait « dynamique et pérenne ».

La ministre entend lancer à l’automne le « chantier » de la complémentaire santé et prévoyance des fonctionnaires. Contrairement aux salariés du privé, qui bénéficient d’une mutuelle prise en charge au moins pour moitié par l’employeur, cette participation est facultative, et lorsqu’elle existe très faible dans la fonction publique.

Amélie de Montchalin promet enfin de mener une « expertise » pour mettre fin aux inégalités de traitement de filières très féminisées et mal dotées, comme celles des bibliothécaires, des médecins du travail ou des éducateurs du ministère de la Justice.

La ministre veut rendre plus attractifs les postes de fonctionnaires en région, en rapprochant les primes entre Paris et les territoires.

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