Covid-19 : pour un véritable soutien aux dynamiques territoriales de santé

Santé

Les collectivités territoriales, les associations et les acteurs locaux sont indispensables pour lutter contre les inégalités de santé, estiment deux associations.

La crise du Covid-19 exacerbe les inégalités sociales, économiques et territoriales, et les inscrit dans la durée, constatent Fabrique Territoires Santé et l’association nationale Élus, Santé Publique & Territoires, dans une tribune rendue publique fin avril 2020. Si la crise sanitaire affecte l’ensemble de la population, les habitants des quartiers populaires sont, sans aucun doute, les plus fortement frappés, estiment les deux associations. Les mesures du confinement mettent, tout particulièrement, en visibilité ces inégalités.

Dans ce contexte, les associations, les acteurs locaux et les collectivités territoriales ont « un rôle essentiel à jouer » pour répondre aux besoins des personnes les plus vulnérables. Ainsi, des initiatives associatives et citoyennes se sont immédiatement mises en place, en lien, inégal selon les territoires, avec les collectivités territoriales : maraudes, courses pour les personnes âgées, distribution de repas…

Les collectivités territoriales les plus réactives ont mobilisé toutes les ressources de leurs services : fabrication et distribution de repas pour pallier l’absence de restauration scolaire et les baisses de revenus ; collecte et distribution de masques, gels et gants ; mise en place de numéros d’urgence et de permanences d’écoute psychologique ; mise à disposition d’ordinateurs pour les élèves ; accueil des enfants des personnels soignants… Fabrique Territoires Santé et Élus, Santé Publique & Territoires saluent « la mobilisation des centres municipaux de santé et des maisons de santé présentes dans certains quartiers de la politique de la ville, qui ont su s’organiser activement face au Covid-19 ».

« Les dynamiques territoriales de santé, quand elles existent, facilitent la gestion locale de la crise », sont convaincus les signataires de la tribune. En effet, ils constatent que, là où elles ont été mises en œuvre – Ateliers santé ville (ASV), Contrats locaux de santé (CLS), Conseils locaux de santé mentale (CLSM), voire les Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) -, des habitudes de travail en transversalité se sont développées, s’appuyant sur des partenariats associant acteurs locaux et institutions publiques. « Ces dynamiques, marquées dans leur ADN par la lutte contre les inégalités sociales et territoriales de santé, sont des points d’appui incontournables à la mise en place de réponses rapides, adaptées et concertées, au plus près des besoins et ressources du territoire », plaident les deux associations. Pourtant, selon les territoires, les coordonnateurs des ASV, CLS et CLSM n’ont pas systématiquement été associés par les autorités sanitaires dans leur stratégie d’urgence de gestion de la crise, « ce qui témoigne sans doute du chemin qui reste à parcourir pour considérer pleinement le rôle de ces acteur·rices de la prévention et de la promotion de la santé dans la santé publique ».

La crise actuelle confirme, « amèrement », que la santé renvoie à un champ large de déterminants sociaux et économiques : logement et urbanisme, éducation, alimentation, emploi, environnement, cadre de vie… Les réponses les plus pertinentes, au plus près des situations, se tissent au niveau local, dans la solidarité, avec l’ensemble des acteurs locaux, en particulier avec les habitants, expliquent les deux associations. Aussi, Fabrique Territoires Santé et Élus, Santé Publique & Territoires alertent sur « la nécessité de donner aux collectivités territoriales, aux acteur·rices associatif·ves et aux dynamiques territoriales de santé une place déterminante et, surtout, de leur re-donner les moyens d’actions qui ont été fortement mis à mal ces dernières années (par exemple avec la baisse drastique des emplois aidés) ».

Posté le par

Recommander cet article