Vers un tri performant des déchets hospitaliers

Tri

Publié le 5 juin 2012 à 0h00 - par

Le tri des déchets est un enjeu majeur pour les hôpitaux : il permet d’éviter tout risque d’accident et de contamination, tout en réalisant d’importantes économies. Alix Woimant, chargée de mission au sein du Réseau des acheteurs hospitaliers d’Ile-de-France et présente à Hôpital Expo 2012, explique cette démarche. 

Objectif : le tri performant

Pour une bonne gestion des déchets hospitaliers, la mise en place de filières spécifiques est essentielle. Un déchet assimilé aux ordures ménagères (DAOM) ne sera pas traité de la même manière qu’un déchet d’activités de soins à risques infectieux (DASRI). Il faut donc, dans un premier temps, caractériser chaque produit comme l’impose l’article L 541-1 du code de l’environnement.

Pour cela, trois points sont à prendre en compte :

  • l’état de la matière : le produit peut être solide ou liquide, placé dans un contenant particulier, posséder des propriétés particulières ;
  • la quantité de déchets générés : les établissements de santé doivent se demander s’il est rentable, en fonction de cette quantité, de construire une « filière déchets » avec tout ce que cela implique (les contenants nécessaires, la formation du personnel, le coût du prestataire, etc.) ;
  • le contexte local : si, par exemple, les déchets sont collectés par la ville, le tri ne sera pas le même que s’il est réalisé par un prestataire externe. Certains consommables devront être forcément placés dans les DASRI car ils représentent un risque psycho-émotionnel pour les employés municipaux. En revanche, si le centre hospitalier fait appel à un prestataire externe, il sera possible d’affiner davantage le tri.

Ce processus très onéreux, s’il est bien suivi, peut permettre d’importantes économies.

Les économies possibles

Une étude menée par le Réseau des acheteurs hospitaliers d’Île-de-France (RESAH-IDF) montre que les déchets hospitaliers représentent un investissement de deux à cinq euros par jour et par patient. Selon Alix Woimant, chargée de mission au sein du réseau, 20 % de cette somme correspondent à la fourniture de contenants, 20 % à la collecte interne des déchets, 50 % au traitement et 10 % aux taxes et amortissements. « On estime que le non-tri peut faire augmenter une facture de 10 % à 40 % », assure-t-elle.

L’une des façons d’abaisser ce coût est d’acheter les bons produits, à savoir ceux qui vont générer un minimum de déchets. Alix Woimant précise que « pour les produits d’incontinence, par exemple, les emballages en carton ne sont pas indispensables ». Il faut également réduire au maximum les gisements de DASRI en raison du coût de la collecte, six à sept fois supérieur à celui des DAOM.

L’importance de la formation des personnels

Pour réaliser un tri des déchets hospitaliers performant, la formation des infirmières, des secrétaires, des médecins et des cuisiniers est essentielle. « Les conditions de travail et l’alibi du principe de précaution peuvent être de vrais obstacles », s’inquiète Alix Woimant. En effet, les employés, s’ils ne sont pas informés, répartissent mal les déchets, ou parfois même en ont peur.

Certains hôpitaux, comme le centre hospitalier (CH) de Gonesse, ont mis en place des groupes de réflexion pour obtenir de meilleurs résultats. Des audits de connaissance y sont menés une fois par an depuis 2008 auprès des personnels afin de vérifier si les modes opératoires sont bien intégrés. En 2011, 33 % des DARSI étaient en réalité des DAOM, ce qui aurait pu faire économiser 21 970 euros au CH. Depuis, l’établissement essaie de mieux informer, par le biais de plaquettes, d’affiches explicatives et de réunions régulières.


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